Les Sourires de la semaine

Mes petits bonheurs | Simple Things


Mes petits bonheurs | Simple Things - Miss Blemish

Ce printemps j’ai reçu un de ces mails dont la lecture fait boum boum, un de ceux que l’on lit plusieurs fois en se frottant les yeux pour être sûre que l’on ne rêve pas et que l’on garde précieusement contre soi un temps avant de partager sa joie. Un de ceux qui fait trembler aussi, un peu, avec en écho tout au fond de soi la question à vertige :  « tu es sûre que tu y arriveras ? ». Mais ça, je l’ai bien compris maintenant, c’est la question des plus grandes chances, celles qui méritent le plus un grand « oui ! » envers et contre toutes nos insécurités, nos doutes et nos « jamais je ne pourrais y arriver ». Alors j’ai fermé les yeux, croisé les doigts très fort et saisi en essayant de moins trembler cette chance insensée d’écrire le court texte qui clôturerait le numéro entre printemps et été de Simple Things.

Avant de me lancer face au clavier je me suis laissé le temps d’être un peu plus prête, un peu plus sûre et un peu plus pressée par l’échéance. Je me suis laissé le temps des mots posés dans le désordre, des phrases qui éclaboussent le milieu de journée et que l’on note, pressé, dans la foulée. Je me suis laissé le temps des ratures et du rythme qui finit par s’ancrer à force de relectures, la litanie décryptée, apprivoisée, prête à être modelée. Je me suis laissé le temps de réaliser encore une fois  – mais c’est un savoir que je ne garde jamais très longtemps et que je réapprends constamment – qu’on n’est jamais tout à fait prêt, jamais tout à fait sûr et tout texte jamais tout à fait parfait. Qu’il y a toujours la place pour mieux même au moment où l’on clique sur envoyer, même l’échéance arrivée mais qu’il y a aussi beaucoup de douceur dans les formules qui, frêles, semblent trembler encore même bien ancrées sur le papier. Ce texte en est plein.

Là où la magie opère c’est lorsque deux mois plus tard imprimé entre mes mains, tous ces instants dépeints n’ont rien perdu de leur sens. C’est la magie de tous pleins d’essais, de ratures et de journées ayant chacune connu leurs lots de mots et de tournure rafistolées, bricolées jusqu’à mon sourire satisfait. C’est la magie du processus qui long, lent et hésitant mène à trouver de milles essais peu à peu sa voie dans sa voix. Sa manière unique de combiner les mots pour qu’ils nous expriment sans ratés ni à peu près. Non pas parfait mais accordé, fidèle à soi. C’est tout ce chemin-là qui pour moi illustre pourquoi aux « tu écriras/dessineras/chanteras/composeras/essayeras/photographieras/te lanceras plus tard » il vaut mieux préférer – mille fois – l’un peu tous les jours, l’un peu tout le temps nourrissant le processus sans jamais le laisser s’endormir ni dépérir même si rien n’est fulgurant. Et qui finit par porter ses fruits, quelle que soit notre échelle et la portée de nos envies.

Mes petits bonheurs | Simple Things - Miss Blemish

Mes petits bonheurs

Pied-de-nez à nos idéaux grands-grands-grands, le bonheur de tout-au-creux – fragile et précieux – s’aime petit et éparpillé, logé-bien-caché dans les milles sourires de nos quotidiens chargés. Autant de détails et d’instants qui ne requièrent – pour s’apprivoiser – aucun autre savoir-faire que des yeux grands ouverts. 

Parmi mes préférés on peut trouver l’odeur précieusement gardée du café moulu au creux de ce pot blanc cassé et celle mêlée des draps frais et du pain grillé. Mon sourire – petit matin – au rose pâle du ciel nimbant les toits ardoises, les journées grises oubliées. Les premières fraises de l’année, le goût très doux de la fleur d’oranger mêlée au miel dans un peu d’eau chauffée ou l’odeur de brioche sucrée qui s’échappe de la boulangerie voisine durant la matinée. Les jours qui grimpent enfin, soleil sur le parquet, persiennes imprimées de lumière sur les murs et le bleu encore clair du ciel de mai. Le plaisir de comploter une surprise, la joie d’attendre un train sur le quai – sourire aux lèvres et pointe des pieds – et la promesse tout bas que contiennent ces billets pour là-bas. Les « Je t’aime » chuchotés dans la nuit et la première bouchée de tarte au citron meringuée, égalité. La sensation grisante de liberté – vendredi soir -, la légèreté de deux verres tintant à la joie d’être ensemble, le bruit des allumettes qui craquent et la lumière douce des bougies chatouillant la pénombre. La mélodie qu’on chantonne toute la journée sans y penser et cette chanson qu’on écoute en boucle sans s’en lasser, les sourires partagés et les après-midi passées à la terrasse ensoleillée d’un café à lire, écrire, rêver…

L’assurance douce enfin, qu’il se cache dans chaque nouvelle journée autant de sourires à cueillir et savourer.

Et vous, vous préférez « l’un peu tous les jours » ou « le tout d’un coup » ?

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Douces envies pour Juillet-août


Douces envies pour Juillet-août  - Lifestyle - Miss Blemish

J’aime la douceur de ce début d’été qui se cache encore un peu derrière les nuages, vous aussi ? Si les jours gris restent gris, les jours à ciel clair en gardent la douceur du tout début du printemps, l’air un peu frais dans lequel vient se mêler un peu de vert, un peu de terre. L’odeur du printemps et de l’aube à l’été pour ceux qui oublient la grasse matinée. C’est ma première envie pour juillet, réussir à cueillir sa part d’aube et de petit matin à ciel encore rose, les tous premiers instants du jour qui connaissent la ville encore silencieuse – engourdie de sommeil et de coton froissé – et le temps qui s’écoule lentement. Cet été j’ai envie de troquer les mots du soir trop tard pour ceux du petit matin trop tôt, le sourire aux lèvres – l’amoureux loin – de pouvoir réveiller l’appartement de volets et fenêtres grands ouverts et de mots posés à la volée. Juillet-août sur ton seuil, j’ai envie d’embrasser la douceur des souhaits qu’on entoure d’espérance, fil tiré par delà le temps dont on prévoit qu’il nous appartienne vraiment.

Douces envies pour Juillet-août  - Lifestyle - Miss Blemish

Juillet-août, j’ai envie de faire de ton rythme adouci le terreau où ancrer les douces habitudes qui vacillent lorsque le temps s’accélère. J’ai envie de faire de toi/vous la chance de les voir s’accrocher suffisamment à moi pour qu’elles me portent à l’hiver lorsqu’il fera froid.

Juillet-août j’ai envie de me coucher plus tôt et de dormir assez, de couper les ponts avec les nuits écourtées. J’ai envie de draps frais, de fenêtres ouvertes sur la rue silencieuse, de muscles qui se réveillent – petit matin – en même temps que l’esprit quitte la brume, guidés dans leurs mouvements hésitants par la voix douce d’Adrienne.

Juillet-août j’ai envie de glaces au bord de l’eau, de nouvelles villes et de ballades à vélo. J’ai envie de sacs à dos et de kilomètres parcourus entre vite et lentement, de vrai papier noirci au fil des instants laissés libres au milieu des journées passées à découvrir, enregistrer, photographier.

Juillet-août j’ai envie de m’enfermer dans la bulle qui murmure les journées d’artiste, de relever mes cheveux et ne plus quitter mon bureau qu’avec ce sourire qui dit les projets qui avancent, le travail accompli. Profiter du temps ralenti pour faire toutes ces petites choses dont on ne prend jamais le temps, le temps du travail de fond ici, le temps de lire un peu plus et d’écrire aussi.

Juillet-août j’ai envie d’attraper ta lumière. J’ai envie de voir Alban et Hannah, ce qui de passe finalement dans le café où je les laissés dans les premières minutes de leur rencontre. J’ai envie de trouver leur histoire et vous la raconter tout en entier, sans rien omettre, sans rien cacher de ce dont j’ignore tout encore. J’ai envie de vous confier les sous-terrains de l’histoire comme on ne les voit que dans les livres.

Juillet-août j’ai envie de t’écrire.

Douces envies pour Juillet-août  - Lifestyle - Miss Blemish

Et vous, quelles douces envies souhaitez-vous glisser dans les mailles de votre été ?

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Ce qui me donne le sourire quand tu n’es pas là


Ce qui me donne le sourire quand tu n'es pas là - Distance relationship - Miss Blemish

Ces dernières semaines ont été un vrai tourbillon où milles et uns défis ont trouvé à venir se loger, s’imposer, me bousculer. Si nous avons tous notre propre relation – intime, irrationnelle, indécise – avec le changement, la mienne est tiraillée ; bras ouverts pour ceux qui, de soi à soi, nous poussent à embrasser une nouvelle voie – peu importe qu’elle soit dure – que l’on pressent être faite pour soi, mais craintive et vacillante lorsqu’extérieur il vient rompre l’équilibre me confrontant à mes limites tremblantes. J’envisage le changement comme une progression lente, un cheminement là où l’extérieur l’impose souvent en rupture, brutalement. 

Depuis mai, j’avance vers l’été à pas mesurés. Tour à tour, j’embrasse la peine sans l’écarter, sans m’y soustraire, sans l’ignorer mais sans non plus m’en contenter de notre quotidien déserté. Je le questionne, me questionne et monte des stratagèmes pour le déjouer, l’appréhender, l’apprivoiser. Ce sont des rendez-vous, des messages, des projets, des rituels instaurés comme autant de points de repères réinventés, sans doute parfois un peu artificiels mais qui ont le mérite d’exister. C’est un pont fragile tendu au dessus du gouffre créé par le changement subi-non-choisi, en construction. C’est le compromis naissant de sentiments et raison. 

En psychiatrie on définit la maladie par son retentissement sur la vie, par l’empêchement qu’elle produit. Mais juste après le bien-être, juste avant l’empêchement, je me figure un entre-deux vers lequel nous allons et venons au gré des épreuves qui nous déséquilibrent du « juste un peu » qui suffit à créer quelques noeuds au creux sans toutefois nous plonger dans l’effroi qui tétanise et paralyse. Et cet entre-deux, cet espace de fragilité, est difficile à appréhender dans la discrétion qu’y prennent peine et difficulté. Rien ne s’effondre alentour, tout est maîtrisé, et pourtant tout nous bouscule avec plus de force qu’à l’accoutumée. 

Lentement, j’appréhende mon chemin hors de cette zone entre deux-eaux, le quotidien réinventé, réapproprié. J’avais envie de partager avec vous cette réflexion sur ce pas si mal mais pas si bien, sur la nécessité d’embrasser la peine pour la surmonter mais aussi sur toutes ces petites choses-pilliers qui petit à petit m’aident à me réorienter dans cette nouvelle période. Et j’ai très envie de lire tout ce que vous avez peut-être expérimenté autour de cette question pas tellement abordée. 

Ce qui me donne le sourire quand tu n'es pas là - Distance relationship - Miss Blemish

Ce qui me donne le sourire quand tu n’es pas là

L’odeur de thé du chèvrefeuille sur les haies bordant le dernier morceau de trottoir menant à l’appartement.

Les cours de yoga, comme un rendez-vous que je reprends de moi à moi. Les muscles qui tirent, travaillent, s’échauffent et enfin s’étirent pour mon corps tout entier en fin de séance si léger.

Ouvrir les volets sitôt levée. Parfois prendre le temps de m’étirer, plus souvent filer directement sous l’eau chaude. Préparer un smoothie et commencer la journée devant les vidéos inspirantes de mes youtubeurs préférés.

Les jours à ciel bleu, le retour des abricots et des cerises sur les étals du marché, les rues pleines d’une odeur de vacances.

Noter tout au long de la semaine tout ce que j’aimerais faire avec toi lors de notre prochain week-end.

Manger ensemble le soir parfois face caméra. Raconter la journée écoulée, retrouver ta voix.

Mettre mon rouge à lèvres préféré d’été – le rouge R07 d’Une que j’espère bientôt vous montrer – chaque matin – celui que tu n’aimes pas – et en faire un nouveau rituel tout doux à sourires et journée qui commence bien.

Parler de nos vacances, en septembre, faire des recherches sans fin et nous imaginer déjà au bord de la mer à vélo.

Retrouver ce rituel chaque soir d’avant de dormir prendre dix minutes pour respirer et apprendre à lentement moins faire corps avec mon anxiété. Redonner sa juste place à chaque chose et en particulier celles qui ont tendance à devenir ces temps-ci si grandes et imposantes. Essayer dans le tourbillon de retrouver l’équilibre des périodes moins riches en challenges à relever.

Ce nouveau sac que j’emmène désormais partout avec moi et qui murmure l’été déjà. Sourire de ce petit bonheur-là que donnent les achats-plaisir qui annoncent souvent que de cet objet on ne se séparera pas.

Sortir quelques stations plus tôt lorsqu’il fait beau. Marcher le nez en l’air et profiter de ces quelques instants volés pour recharger les batteries avant de recommencer à travailler.

N’avoir pas réussi à m’empêcher d’écrire. Sourire de la douceur de cette pause de mi-après-midi à l’heure où le soleil dehors tape sur les pavés et où je chéris la fraîcheur gardée par les murs de notre appartement. Sourire de trouver toujours dans l’écriture une ancre légère et apaisante qui me ramène mieux qu’aucune autre à moi. 

Ecrire ces mots, au fil de tous ces bonheurs, dans le métro du matin, du midi, du soir jusqu’à celui qui m’emmène à la gare où tu arrives ce soir…

Ce qui me donne le sourire quand tu n'es pas là - Distance relationship - Miss BlemishCe qui me donne le sourire quand tu n'es pas là - Distance relationship - Miss BlemishCe qui me donne le sourire quand tu n'es pas là - Distance relationship - Miss Blemish

Et vous, vous connaissez cette zone entre deux eaux ? Qu’est-ce qui vous donne le sourire lorsque vous vous y trouvez coincé(e)s ?

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