Lectures

The Perks of being a Wallflower, Peter Chbosky


The Perks of being a Wallflower, Peter Chbosky - Lecture - Miss Blemish

Crédit Photo : Unsplash

« Même si nous n’avons pas le pouvoir de choisir d’où nous venons, nous pouvons toujours choisir où nous allons à partir de là. »

La veille de son premier jour au lycée, Charlie démarre une correspondance avec quelqu’un qu’il ne connaît pas personnellement mais dont il a entendu parler en bien. A cet étudiant plus âgé, véritable interlocuteur fantôme, Charlie va tout confier. Son quotidien, ses amitiés, ses passions, ses difficultés mais aussi son passé. A travers cette correspondance, c’est la vie de cet adolescent bien singulier, sensible, observateur et particulièrement intelligent que nous allons découvrir, pour nous y retrouver parfois, nous rappeler comment c’était de déambuler dans ces couloirs souvent et nous attacher à lui beaucoup.

« Peut-être sont-ce là mes jours de gloire et parce que nul ballon n’est impliqué je ne le réalise même pas. »

La force de The Perks of being a Wallflower tient certainement dans son universalité. Que nous ayons été du camp des élèves « populaires et appréciés » ou de ceux laissés de côté comme de ceux errant entre ces deux extrémités, chacun peut se retrouver dans le portrait des années lycée peint par Charlie avec humour, clairvoyance et sensibilité. Il interroge avec finesse le monde qui l’entoure, l’analyse et le décortique pour le comprendre. Premières vraies amitiés, premiers amours brouillons, premières disputes, on se laisse porter par le flot de ses premières expériences entre lesquelles se glissent souvent en filigrane nos propres souvenirs. Au milieu des pages, un brin de nostalgie et une réelle tendresse pour ce personnage s’étoffent.

« Ce serait bien, je pense, si faire de la luge restait toujours suffisant. »

La première lettre de Charlie terminée je n’ai plus lâché ce livre qu’une fois terminé. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été ainsi captivée et touchée par un roman. J’ai aimé trouver dans ces pages une feuille de route de bons livres à découvrir, comme un bonus, une promesse pour rendre un peu moins triste le moment de dire au revoir à Charlie (à peu près dans l’ordre) : To kill a Mockingbird, This Side of Paradise, Peter Pan, A Separate Peace, The great Gatsby, The Catcher in the Rye, On the road, Naked Lunch, Hamlet, Walden, The stranger, The  Fountainhead.

« J’espère juste que je me souviendrais de dire à mes enfants qu’ils sont aussi heureux que j’en ai l’air sur mes vieilles photos. »

Un coup de coeur pour un livre qui peut je crois se lire à tout âge et n’est pas dépourvu de réflexions intéressantes sur la vie et les relations humaines, loin s’en faut.

Et vous, vous l’avez lu ? Vous l’avez aimé ?

 

Les citations utilisées pour cet article : 1. Even if we don’t have the power to choose where we come from, we can still choose where we go from there. // 2. Maybe these are my glory days and I’m not even realizing it because they don’t involve a ball. // 3. I think it would be great if sledding were always enough. // 4. I just hope I remember to tell my kids that they are as happy as I look in my old photographs.

Note : Les citations de cet article ne sont que des propositions de traduction de leur version originale (voir ci-dessus).

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Seule Venise, Claudie Gallay


« Je suis allée au lavomatique rue Saint-Benoît. J’ai passé des jours à regarder mon linge tourner. […] Et puis un matin, un gosse s’est planté devant moi. […] Il m’a regardée et puis il a regardé la machine, tour à tour, il a fait ça plusieurs fois. J’ai décidé de partir à cause de ce regard-là. Quand j’ai compris que si je ne partais pas j’allais revenir tous les matins de ma vie. »

Quittée par l’homme qu’elle aimait, l’héroïne, au début du roman, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle décide alors de partir. Partir pour oublier, se retrouver, recommencer. C’est l’hiver et c’est Venise qu’elle choisit pour poser ses valises. Au cours de ses ballades solitaires, c’est un Venise déserté par les touristes, glacé, qu’elle va découvrir en même temps qu’elle reprendra goût à l’existence.

Seule Venise Claudie Gallay - Lecture - Culture - Roman - Critique - Miss Blemish

J’ai lu ce livre il y a quelques semaines et malgré ce que pourraient faire croire les semaines écoulées entre le moment où il a quitté ma table de chevet et la publication de cet article, je l’ai beaucoup apprécié. J’ai retrouvé tout que j’avais aimé du style de Claudie Gallay dans Les Déferlantes : concision poussée à l’extrême, goût du détail et scénettes du quotidien qui s’insèrent à la narration. Sous sa plume, le quotidien devient un florilège de poésie.

Plus important encore, elle a su créer une véritable armée de personnage autour de l’histoire qu’elle nous raconte. Rendant à chacun sa juste place, elle ne tombe pas dans la facilité des amitiés immédiates et des caractères arrangeants. J’ai aimé ce pari de « l’honnêteté ». Dans la vie, il est bien rare que le premier échange suffise à ce que la magie opère. La complicité naît au contraire souvent d’un travail de longue haleine où se mêlent apprivoisement, découverte de l’autre et discussions animées. Pas de lisses relations, ici, partout du relief. Des pichenettes, des désaccords pour des personnages entiers.

De ce livre, je retiens le courage, la force et l’entêtement d’une femme dans sa volonté d’aller mieux. L’amour incandescent d’un vieux prince Russe pour une servante. Une danseuse amoureuse courant après son destin. Et un vénitien seul.

Une lecture pleine de poésie, de mélancolie… et d’espoir.

Quelques citations, à la volée 

« Ce que l’on garde en tête est le seul bien que la barbarie ne puisse vous ôter »

« Il est des êtres dont c’est le destin de se croiser. Où qu’ils soient. Où qu’ils aillent. Un jour ils se rencontrent. »

« Votre sourire. Votre voix. J’ai aimé votre voix comme on aime un corps. »

« La vie reprend. Elle gagne sur les larmes. Par le jeu. »

« On ne se tutoie pas. On est dans cet avant de l’intime. Avant qu’on ne se touche. Avant qu’on ne se jette. Avant. »

« La musique se marie bien avec le vin. »

« A la fin, on est tellement malheureux, on rit. » 

« Il ne faut pas attendre. Laissez-vous traverser. »

« J’aimerais boire avec vous. Connaître cette ivresse-là. »

« Quinze jours que l’on se connaît. Que je vous connais au-dedans de moi comme une éternité. »

« Je veux aimer. Ressentir encore cela. Avec vous, comme si ce devait être la dernière fois. »

 

Vous pouvez lire ici ma « critique » de Les Déferlantes du même auteur.

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Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer


« Nous créons des personnages virtuels, imaginaires, nous dessinons l’un de l’autre des portraits robots illusoires. Nous posons des questions dont le charme est de ne pas obtenir de réponses. Oui, nous nous amusons à éveiller la curiosité de l’autre, et à l’attiser en refusant de la satisfaire. Nous essayons de lire entre les lignes, entre les mots, presque entre les lettres. Nous nous efforçons de nous faire de l’autre une idée juste. Et en même temps, nous sommes bien déterminés à ne rien révéler d’essentiel sur nous-mêmes. « Rien d’essentiel », c’est-à-dire ? Rien du tout, nous n’avons encore rien raconté de notre vie, rien de ce qui fait notre quotidien, rien de ce qui est important pour nous. »
 
 
Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer - Culture - Lecture - Miss Blemish
 
Emmi et Léo ne se connaissent pas. Ils ne se sont jamais vus. Ils ignorent même jusqu’au prénom de leur interlocuteur lorsque leur correspondance commence. Une lettre en plus dans une adresse de messagerie et la machine est lancée. D’une banale erreur de saisie naît une amitié qui peu à peu se transforme en une véritable addiction. Une addiction aux mails qu’ils échangent. Une addiction à ce monde, à cet inconnu pourtant si familier qui n’a pas d’autre visage que celui qu’ils lui donnent, à cette île imaginaire, ce pont virtuel entre leur deux réalités, cet échappatoire où ils déversent leurs joies, leurs peines, font de vaines tentatives d’humour, réfrènent leurs penchants ironiques, cyniques, caustiques et s’attachent au fil des jours, des heures, des minutes passées face à l’écran, dans l’attente d’un signe, de quelques lignes supplémentaires qui viendraient enrichir leur histoire qui naît à peine.
 
Dans ce jeu de chasse à la souris où s’ils se cachent de l’autre désespérément ce n’est que pour mieux se révéler tels qu’ils sont, loin de leur contingence, de leur physique, des carcans du quotidien, libérés par l’anonymat, les pages défilent vite, trop vite. Emportés par cet échange, nous nous prenons dans l’attente de la réponse, du dénouement, de la suite. C’est tout ? En resterons-t-ils là ? Se contenteront-ils de ne rester que des inconnus l’un pour l’autre ? Des thérapeutes réciproques cachés derrière un écran ? J’ai lu ce livre en une journée. 348 pages dévorées, englouties. J’ai acheté le tome suivant le lendemain. Une fois lancé, vous vous retrouverez enchaînés à cette histoire, attachés aux personnages si humains, si authentiques. Cet échange, cette véracité qui suinte, l’authenticité qui se dégage de chaque mail, l’honnêteté, la spontanéité de leur écriture vous convainc au fil de leur correspondance que jamais ils n’auraient pu établir un même lien s’ils s’étaient rencontrés de manière conventionnelle, dans un café, au cinéma, dans la rue, au restaurant. Parce qu’ils auraient peut-être voulu se plaire mutuellement, se séduire l’un l’autre ou au contraire l’auraient trouvé fade et sans intérêt. Il n’y avait aucun enjeu de ce type lorsqu’ils se sont croisés pour la première fois. Juste des mots, des phrases qui les reliaient. Leurs mots se sont reconnus, se sont plus, leur ont permis de se montrer tels qu’ils étaient, avec leurs doutes, leurs peines, leurs joies, leurs faiblesses. Ils n’avaient aucun motif de se cacher de l’autre, aucun enjeu, aucun intérêt. Et c’est ce qui donne à Quand souffle le vent du Nord de Daniel Glattauer toute sa magie.
 
Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer - Culture - Lecture - Miss Blemish
 
Je ne ferais pas d’article sur le second (et pour le moment dernier) tome car se serait révéler des ressorts du premier… Je vous confierais juste qu’en ouvrant La septième vague, j’ai eu l’impression de retrouver Emmi et Léo comme de vieux amis d’enfance. Ces deux livres sont excellents, incontestablement. Ils vous feront rire, espérer, attendre, ils vous émouvront et vous feront passer de délicieuses soirées en compagnie de leurs héros.
 
Quand souffle le vent du nord
Daniel GLATTAUER
Le livre de Poche
 
La septième vague
Daniel GLATTAUER
Grasset
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