Et soudain prendre le risque

Amours de comptoir – nouvelle


amours de comptoir - nouvelle - Miss Blemish

Terminer un texte. Raconter une histoire, décider de ce qu’il adviendra. Souvent je n’en ai pas le cœur. Décider. Dira-t-elle oui, dira-t-elle non, partira-t-il finalement, s’aimeront-ils enfin, le chemin bifurquera-t-il là où les premiers mots se profilaient déjà ? Manque de temps, atmosphère non propice, je terminai cette nouvelle, douloureusement, par l’histoire d’Amélie entre le vendredi soir et le samedi qui sonnerait la clôture des participations au concours organisé par Bibliocratie sur le thème du Bistrot jusqu’à en arriver en retard au rendez-vous que nous avions près du Canal Saint Martin Camille et moi. Si je n’avais pas eu cet ami pour me relire à cet instant et me dire « Envoie ! », certainement cette nouvelle serait resté au mieux un article, au pire un autre embryon abandonné dans mes brouillons. Puis parfois la vie fait que les choses s’alignent dans un certain ordre et que l’on finit par cliquer. Cet article trouve donc pleinement sa place dans la catégorie « Et soudain prendre le risque… » du blog…

Bistrot, premier sujet sur lequel I. de notre atelier d’écriture hebdomadaire nous faisait travailler, premier thème propulsant mes mots hors du cadre. Cela fait trembler un peu l’amoureuse superstitieuse des signes que je suis. Joli hasard.

Dans cette nouvelle je voulais raconter une histoire via leurs histoires, camaïeu d’instants abrités par ces mêmes murs qui abritent le plus grand des ballets, celui de la vie qui se joue autour d’un verre de vin, d’un café ou d’un jus d’ananas… Faire transparaître l’unicité dans la pluralité de nos amours. Ce sont des fragments, des photos en mots, c’est un essai que je vous livre ici avec beaucoup, beaucoup d’humilité en ayant pleinement conscience de sa faiblesse, de sa fragilité mais pourtant certaine de son authenticité.

Si après votre lecture, cette nouvelle vous a touché je vous invite à vous rendre par là et à y laisser un petit cœur pour soutenir cette tentative. Merci d’avance à tous pour votre amour et d’être toujours tous présents au rendez-vous. Si vous avez des commentaires, critiques positives comme négatives, n’hésitez pas à les laisser dans les commentaires sous l’article, je vous lirai avec attention.

*

Amours de Comptoir

Par Célie M. – Miss Blemish

– Jeanne –

La matinée touchait à sa fin lorsque tu entras. C’est étrange, moi qui d’habitude mets si longtemps à me rappeler des traits, toi, dès le soir, je pouvais te dessiner en pensée. Je pouvais dérouler, rembobiner, rejouer ce petit bout de bande de souvenir, la cloche qui en quatre heures seulement passées derrière ce nouveau comptoir m’agaçait déjà, ta main sur la porte, ton demi-tour, la manière dont tu la refermais avec soin, précaution, sans faire de bruit. Tes yeux la première fois qu’ils croisaient les miens.

Bruns, sombres et chauds. De ces regards qui vous enveloppent, la faute à ce demi-sourire, cette douceur dans tes traits pourtant soulignés par une barbe de trois jours. Faussement négligée, désinvolture savamment travaillée. Ta main sur la lanière de ta sacoche en bandoulière, tu t’approchas du comptoir. Ce n’étaient rien que ces quatre mètres te séparant de moi, à tous les autres j’offrais un vague sourire tout en continuant à m’affairer jusqu’à ce que qu’ils aient fait leur choix et qu’ils me fassent signe. Mais pour toi, je restais là comme incapable de bouger, je te détaillais avec angoisse. Comment savoir si tu étais l’un des habitués ou seulement de passage dans ce quartier, dans cette ville ou pire… dans ce pays ? Cette fois-là pouvait être la toute dernière. Cet instant, toi avançant toujours et moi ne trouvant rien, pouvait être décisif.

Cet instant était décisif.

Pense, pense, pense… Trouve, parle, bouge !

Mais rien… je te regardais. Ta douce nonchalance criait que tu ignorais tout de ce que cela faisait de se retrouver face à toi. J’aimais jusqu’à ta démarche tu sais, cette élégance discrète cachée dans la douceur de tes épaules rentrées un rien en dedans lot des timides nés trop grands. Et ce jean moutarde épousant tes chaussures de cuir brun. Peut-on aimer la personne dans le jean à cause du jean ? Je maudissais ce tablier cachant à tes regards mon pantalon bordeaux et mes chaussures accordées aux tiennes. Tu aurais compris comme moi, c’est certain. Bordeaux, moutarde et cuir bruni, comment ignorer cette évidence ? Toi qui rougit si facilement, en riant ou aux prises avec l’angoisse, même légère, tu ne semblas pas remarquer l’insistance de mon regard. Tout naturellement tu me souris et, prenant place sur le tabouret face à moi tu commandas un café et un pain au chocolat.

 

– Emma –

Il m’attendait devant le Bistrot où nous nous étions donné rendez-vous, assis sur un banc. Je le vis avant qu’il ne m’aperçoive. Toute ma vie je crois je pourrais rappeler à ma mémoire cette photo-là, lui souriant à son portable, sa tête déjetée en arrière. Les plis au coin de ses yeux, son profil rieur, sa joue sur laquelle bientôt je passerai ma main. Au-dessus de la table. Et ses lèvres qui bientôt embrasseront cette main. Elle quittera la bride qu’elle sert encore fébrilement et, peut-être… Il tourna la tête vers moi et me sourit, de ces sourires qui effacent tout jusqu’à cette crampe naissant là, lieu de tant d’heures passées allongée dans un lit sans âme. Je souris, toute appréhension envolée. J’embrassai sa joue, rapidement mais ma main piégée au creux, juste posée sur sa poitrine épousant parfaitement ma paume. Je pouvais sentir la chaleur de sa peau sous sa chemise de lin légère, blanche comme la première fois sur le trottoir de nos amours, courant vers moi.

 

Amélie

La serveuse posa sur ma table un jus d’ananas. J’agitais sans trop y croire la bouteille, la pulpe remontant mollement des profondeurs où elle paressait. L’espace d’un instant, je quittais les murs du bistrot de la gare devenu glauque d’avoir essuyé tant d’adieux aux pieds de quais qui bientôt seraient à nouveau déserts. Je me retrouvais place du port, fin août, avec tes mains sur cette même bouteille que tu ne me laissais pas le temps d’ouvrir et cette douce lumière baignant nos corps ne sachant plus que faire de sa chaleur. Pourquoi diable avais-je commandé ce jus de fruit que je ne saurais plus boire ? L’habitude sans doute. A trop vouloir partager toutes nos amours dans l’effervescence de nos débuts, on finit l’été dépossédé sans plus rien à quoi se raccrocher. Tu secouais vivement la bouteille, sans effort, dans tes gestes transparaissant l’habitude des nombreux services de ta vie d’avant, une tape sur le culot, clac et le breuvage clair coulait dans mon verre frais inondant les glaçons. Je suis tombée amoureuse de tes détails. Ta main sur ma taille tes lèvres pudiquement posées ma joue, ta main retenant encore un peu mon poignet au moment de nous quitter nos yeux pleins de « à bientôt », tes doigts dans les miens à l’heure où mes yeux ne pouvaient encore sans ciller croiser les tiens, cette distance malhabile pour nos épaules s’embrassant au gré de nos pas hagards, engourdis dans cette nouveauté, sur les pavés.

« Léo, nous parlions de franchise et je n’ai pas été franche avec toi. Je ne sais si c’est le choc, la peur de te voir disparaître brutalement et tout à faire de ma vie ou simplement l’instinct qui me disait que ce n’était pas de l’amante mais de l’amie dont tu avais besoin mais, je ne t’ai pas dit la vérité. Et pour prendre une décision avisée, je crois qu’il est nécessaire d’en connaître toutes les données. Comment pourrais-tu faire le choix de m’aimer, moi, si tu ne sais pas ce que je désire ? Alors je te le dis : « aimes-moi, choisis-moi », même si nous n’en étions qu’aux balbutiements, là où tout est encore à faire, à découvrir, à inventer. Je ne sais si ce que nous partageons est ce que tout le monde appelle avec emphase « l’Amour », ma raison me dit que c’est trop tôt pour parler ainsi, mes tripes hurlent que oui, mon cœur me dit juste que j’étais Bien avec toi. Bien tout simplement. Je pense que c’est une bonne piste. Et je ne veux pas perdre cela, je ne veux pas te perdre Toi. »

Tu étais à nouveau face à moi à cette table de plastique comme seuls osent en arborer les bars de rivages. Ta chemise couleur ocre soulignait la douceur de ton teint halé d’été contrastant avec ma peau couleur lait mélangée à la tienne dans mon bras enroulé autour du tien. Les bulles évanescentes de ton Schweppes frisaient l’air au-dessus de ton verre et tu me disais comme c’était bon de me revoir. Je te souriais loin du mur froid auquel j’adressais comme autant de bouteilles à la mer ce que tu n’étais plus là pour voir. A commencer par mes yeux mouillés. L’heure tournait et mon verre ne se vidait pas, mon train partirait bientôt lui aussi, comme nous tous.

 « Une glace ? »

Tes yeux s’égarent vers mon sud, les miens à l’horizon, le lac à perte de vue et tes lèvres dans mon cou. Le vrombissement de mon téléphone sur la tablette métallique me tira avec violence de nos ailleurs et sans que je puisse l’arrêter, m’imposa ce message qui défilait avec l’écran que j’allumais. Dans un baiser glacé, décembre nous exila loin des embruns de l’été, notre fin à la table anonyme de ce bord de quai abandonné.

 

– Anne –

« Alors comme ça vous êtes journaliste ? »

Il était craquant, aussi beau à la ville qu’à la scène. Mon verre de vin à la main, je pris le temps de savourer ma dernière gorgée avant d’acquiescer. Simple formalité, il connaissait visiblement la réponse avant même d’avoir posé la question.

« Vous aimez la musique classique ? »

Cherchait-il le compliment ? Je me contentais d’une réponse sobre, ce petit jeu commençait à m’amuser.

« J’aime Mendelssohn. »

Simple, court, efficace et subtil.

« Vous me plaisez beaucoup. »

Je souris.

« Vous êtes audacieux.

–              Je vous offre un autre verre ? »

J’étais déjà presque soûle, vingt-trois heures, dernier repas datant de midi, concert magique et un verre de vin : la parfaite équation d’une soirée qui allait déraper.

« Une autre fois peut-être. J’ai été ravie de vous rencontrer.

–              Tout le plaisir a été pour moi. »

Il saisit ma main et effleura mes doigts de ses lèvres, ses yeux toujours rivés dans les miens. Je réprimais un frisson. L’alcool me montait à la tête et il était anglais, j’en étais sûre. Personne d’autre au monde n’aurait osé le baisemain. Gentleman, il me raccompagna jusqu’à la porte et héla un taxi pour moi. Je le laissai faire.

« Je donne un concert demain dans une petite salle en centre-ville, si Chopin a lui aussi vos faveurs…

–              Je vous laisserai le découvrir demain alors. »

Je refermais la portière et donnais l’adresse de mon hôtel au taxi. Il démarra en trombe et, malgré toute ma bonne volonté, je ne pus résister à la tentation de me retourner pour le voir une dernière fois : il suivait lui aussi le taxi des yeux, seul au bord du trottoir. J’essayais de me convaincre sans beaucoup de succès qu’il n’avait pas gagné mais c’était peine perdue, je savais que j’irais à ce concert.

 

– Philippe –

J’entrai dans ce café, fatigué de cette longue balade dans ces rues comme dans mes souvenirs. La ville n’avait guère changé en dix ans que je ne m’y étais pas aventuré. Je choisissais une place côté fenêtre, sur la banquette d’une table solitaire. Ma commande passée, je me retrouvai à nouveau seul face à mes pensées. Il y avait bien un livre dans ma sacoche mais je n’étais pas d’humeur à m’encombrer des histoires des autres, j’avais bien assez à faire à cet instant avec les miennes. Je regardais donc distraitement par la fenêtre et m’adonnais à cette activité que je chérissais tant : observer les gens. Je papillonnais de l’un à l’autre dans cette rue fort animée par le marché qui l’encombrait lorsque je la vis. Rayonnante, souriante, en tout point égale à mon souvenir quoique peut-être encore plus belle qu’alors. Il faut dire que la dernière fois que je la vis, elle pleurait. J’étais assis et pourtant j’eus encore l’impression de tomber, un peu à la manière dont on se réveille brutalement au contact du matelas lorsque l’on a rêvé une chute vertigineuse. Le précipice se profilait là, au dedans de moi. A son bras, un homme ressemblant au jeune homme que j’avais été et qu’elle n’avait jamais connu. Il ne restait rien de la jeune fille chétive, timide comme blessée par la vie que j’avais rencontrée un autre jour de mai il y a ce qui me semble aujourd’hui fort longtemps.

Je me souviens encore comme ses yeux s’étaient illuminés ce soir-là lorsque je m’étais risqué à lui dire qu’elle était jolie. Comme d’une simple phrase tout avait commencé. Sans crier gare revinrent avec une violence inouïe ses larmes et son silence. A la fin. Lorsque je lui brisais le coeur d’un revers de main, sans savoir vraiment ce que je faisais-là. J’avais beau quitter ma veste, la brûlure de la honte qui déjà faisait monter le rouge à mes joues ne se laisserait pas si facilement déloger. J’avais essayé, je pensais, avec les années, y être arrivé. Je la retrouvais pourtant intacte, peut-être même plus vive encore à cet instant où elle traversait sous mes yeux la rue agitée.

D’elle il ne me restait plus que mes souvenirs et ce paquet, déposé un matin sans bruit, l’un de mes livres préférés dans une édition au papier fin, précieux, dont je n’avais su me débarrasser. Et maintenant ce souvenir-là, elle sur cette place baignée de lumière et moi à l’ombre derrière cette vitre froide.

L’homme se pencha vers elle pour l’embrasser et posa sa main sur son ventre. Captivé par ses yeux et son sourire, ce n’est qu’à cet instant que je le découvrais arrondi. Je sentis les larmes me monter aux yeux. Oh combien aurais-je aimé traverser la rue et la serrer fort dans mes bras, m’excuser et lui souhaiter bonne chance, lui dire combien j’étais heureux de la voir ainsi heureuse aujourd’hui et entourée, combien je m’en étais voulu de l’avoir tant peinée dans mon incapacité à l’aimer avec la même force qu’elle l’avait fait, combien j’aurais aimé avoir la force de l’honnêteté avant de la briser d’un lit défait avec une autre, combien elle m’avait manquée, combien elle m’avait apporté en silence ces mois durant sans que je m’en aperçoive avant l’instant où sans bruit elle se résolut à fermer la porte sur nous. J’aurais aimé lui dire que toute cette peine n’avait pas été causée en vain et que j’avais été heureux autant qu’elle avait été malheureuse, que j’avais compris. Je la connaissais assez pour savoir que malgré tout, envers et contre tout, elle n’avait cessé de m’espérer heureux quelque part, loin, qu’elle avait fermé une porte mais qu’elle n’avait pas tout effacé.

Mais je restais là, par lâcheté peut-être, par bonté sûrement. Je n’avais plus droit de passage sur sa vie. Je grappillais toutes les miettes de son sourire offert à l’univers et pour quelques instants à moi également. Je les observais jusqu’à ce qu’ils disparaissent parmi la foule.

Le bourdonnement du café reprit ses droits sur moi. Je portais à mes lèvres la tasse de thé que je n’avais pas vu le serveur poser sur la table, il était déjà froid.

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Pour écrire, il faut savoir laisser la place aux mots


Combien de fois n’ai-je pas dit « pendant ces vacances, je termine cette histoire/cette nouvelle/ce roman » ?. Pourtant, une fois arrivées et moi face au clavier, rien ne trouvait plus son chemin jusqu’à la page résolument blanche. Comme si les mots, vexés d’avoir été bridés si longtemps, ignorés, relégués à la seconde place se laissaient désirer. Cela m’énervait, ce comportement adolescent de n’avoir jamais autant d’inspiration qu’à la veille d’un examen, moment où j’avais milles choses plus urgentes à faire qu’écrire, ou au beau milieu de la nuit m’en laissant blanchir ainsi plus d’une. Et puis, j’ai compris que l’on n’écrivait pas sur commande, encore moins lorsque comme moi, on apprivoisait encore à peine cette activité singulière qu’est l’écriture. J’ai compris que c’était plus subtil, plus compliqué que ça mais surtout que c’était un vrai travail au-delà de l’amour des mots, du talent, du naturel que certains ont de les manier comme des notes de musique pour en faire des textes qui s’égrènent avec la même grâce que le tissu sous les mains d’un grand couturier et pourtant restent, ancrés, fixés dans les esprits de ceux qui les ont lus. Et que, comme tout travail, il nécessitait qu’on lui dédie du temps, de la persévération, qu’on lui laisse la place d’autant plus qu’il s’agit d’un art et non d’une technique que l’on apprendrait pour la reproduire à l’infini. L’inspiration se cultive à yeux grands ouverts et stylo/papier/traitement de texte toujours à portée de main, elle a besoin qu’on lui montre le chemin jusqu’à nous, encore et encore, sans jamais fermer les portes mais en prenant plutôt soin d’aller jusqu’à ouvrir les fenêtres.

Je vous avais parlé de mon introduction à la discipline si méconnue et décriée qu’est la méditation en première année de médecine. La pleine conscience de son corps et de l’instant, prendre le temps de faire le silence dans l’agitation et d’écouter ce qui se passe en soi et autour de soi. À l’époque je l’utilisais pour juguler mon stress avant d’aller me coucher pour réussir à dormir sans avoir à utiliser de substance nocives au fonctionnement cérébral (sic somnifères) et laisser loin le spectre des insomnies. Je m’en suis également servie le jour des examens pour me concentrer et mobiliser toutes les connaissances que j’avais engrangées au cours de ces longs mois sans me laisser submerger par le stress immense qui nouait tout ce qu’il y avait à nouer au-dedans de moi. Ce lien entre écriture et pleine conscience ne m’a frappée qu’en écrivant cet article : j’apprivoise la sensation d’écriture.

C’est à force d’écrire (car j’ai commencé tôt, bientôt neuf ans maintenant que naissait ma première petite nouvelle fragile au style hésitant) que j’ai pris conscience au tout début 2014 que lorsque j’arrivais à écrire et à aligner des mots dont je ne rougissais pas à la relecture, j’étais dans un état particulier. Et que cet état, je pouvais l’identifier en me concentrant sur mes sensations à ce moment-là précis pour pouvoir le reconnaître sans peine lorsqu’il se présenterait à nouveau à moi à  l’improviste. J’ai ainsi fait le lien entre les jours où ça marchait et ceux où ça ne marchait pas. C’est là que se fait le pont avec la pleine conscience : peut-être que d’avoir appris à écouter ce qui se passait à un instant T de manière momentanée m’a rendue plus réceptive à ce fait là : quand j’ai quelque chose à écrire, et ceci je ne le contrôle encore pas, je suis dans un état émotionnel particulier. Souvent, je suis au bord des larmes. Ce ne sont pas des larmes de tristesse, loin s’en faut, j’y vois plutôt la métaphore de tous ces mots qui demandent à être sortir de moi pour gagner la page. Ecrire me bouleverse car soudain il n’y a plus seulement mes émotions mais celles que je projette sur tous mes personnages et que je vis en moi pour les rendre plus crédibles et plus palpables dans mes mots.

Au lieu de me fixer d’intenables objectifs « écrire tant de pages par jour » « consacrer tant de minutes à l’écriture« , depuis que j’ai conscience de ce fait-là, j’écoute et je saisis chaque occasion d’écrire. N’importe où et quoi que je fasse. Ainsi l’article que vous avez tant aimé (et de ça merci j’en ai été terriblement touchée) Du sable et des étoiles est né à deux heures du matin chez une amie depuis le sofa de laquelle on voit si bien la lune lorsqu’il fait nuit. L’amour attend à la station suivante est né dans le métro, une minute mille ans à la bibliothèque pendant les révisions… Et forcément en saisissant chacune des occasions qui se présente je progresse, car que ce soit d’art ou de sport qu’il s’agisse, l’entrainement est toujours l’une des clés.

*

Cet article me permet d’introduire une nouvelle grande Rubrique « A writer on her road » venant remplacer « Words » au sein de laquelle vous retrouverez bien évidemment tous les textes que je publie ici sous l’intitulé « Tendres textes » mais aussi toutes les réflexions, les avancées, les doutes et les contributions au travail d’écriture. Je veux faire de cet espace un véritable laboratoire d’écriture avec essais, ratés, réflexions, astuces, analyse comparée, expériences diverses, où que vous soyez auteur confirmé ou en naissance, ou simplement intéressé, intrigué, interpellé par l’écriture vous puissiez trouver des clés mais aussi partager votre expérience, votre ressenti, votre approche des mots et de votre passion pour l’écriture. Vous allez certainement me dire que j’aurais l’air très fine avec cette rubrique si je n’arrive pas à être jamais publiée, j’y ai songé mais ma réponse définitive est « pas du tout ». Tout d’abord parce qu’être publiée est certes un rêve et aujourd’hui un but mais n’est nullement l’objectif final. Un peu comme la destination au bout du périple du voyageur importe peu en définitive que tout le trajet l’ayant mené jusque-là, toutes les étapes, toutes les réflexions et la construction personnelle nées de ce long périple, je pense qu’il n’y a pas de but ultime pour l’écrivain et que chaque livre n’est finalement qu’un gîte d’étape, une pause momentanée sur le chemin de l’écriture, comme une route que l’on ne quitterait jamais tout à fait. Et j’ai envie de partager mon avancée sur ce chemin-là avec vous, tout ce que j’essaie pour progresser, m’améliorer, toutes les découvertes, les déceptions, les joies, les désillusions.

Parce que l’important n’est pas tant d’y arriver que d’essayer et que nul effort n’est tout à fait vain même s’il ne nous mène pas toujours vers le but que l’on s’était de prime abord fixé. Rien n’est jamais perdu, jamais.

Je vous souhaite un excellent week-end à tous ! 

Pour écrire, il faut savoir laisser la place aux mots - Humeurs - Miss Blemish

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To Do in 2014 : la mini-mini bucket list


To-do in 2014 : la mini-mini bucket list - Miss Blemish - Résolutions

L’ébullition est déjà là, les partiels ne sont pas encore finis que la casserole déborde déjà et que je brûle de mille envies. Celle d’utiliser mieux mon temps en tout premier lieu pour tout faire rentrer dans ce quotidien bien chargé où pourtant de précieuses minutes arrivent encore à se voir gâchées (à bougonner sur tout ce temps que je n’ai pas par exemple…). Pour démarrer 2014 j’avais donc envie de mettre sur papier (et sur toile)(c’est délicieusement poétique tourné comme ça vous ne trouvez pas ?) toutes ces choses que j’avais envie de faire durant ces douze mois qui s’ouvrent devant nous.

J’aime bien l’idée de me donner des objectifs à si court terme, c’est comme s’il l’on avait l’obligation de s’y mettre tout de suite pour avoir une chance de tous les cocher. Vous le verrez, ils ne sont pas forcément exceptionnels, grandioses, extraordinaires ou que sais-je, pas du tout ! Bien au contraire ! Car mon idée c’était vraiment de se faire plaisir, de prendre du temps pour ça, de laisser une place au superflu, à ce qui nous fait envie depuis longtemps, laisser du temps au « un jour il faudra que je… ». Et quoi de mieux pour donner sa place à un non-impératif que de le présenter sous le jour d’un défit? Mais plus encore, des défits surmontables ! Car au-delà du plaisir de prendre le temps de faire, réussir aussi, c’est carrément canon non ?

C’est peut être ça le défaut de ces Bucket List, le GRAND. Beaux projets, rêves géniaux mais souvent difficiles à mettre en oeuvre ici et maintenant, un peu inaccessibles et lointains. Pas qu’il ne faille pas viser haut, grand et beau, et qu’il faille s’avouer vaincu sans essayer, mais c’est plus rare de cocher un item sur cette liste-ci, on les oublie aussi un peu, après tout, on a toute la vie, non ? Donc là, non, seulement 12 mois pour devenir la reine du patin à glace ou le roi du hamburger, 12 petits mois et autant de petites joies et grands défis pour faire frétiller le quotidien.

Place aux jolis bonheurs de demain…

Apprendre à cuisiner Indien. Pour cette jolie soirée pleine d’amour et de rire partagée au Canada autour de cette table pleine de ces petits plats aux couleurs d’ailleurs préparés à deux, en amoureux, par Katia et son mari.

Parler Espagnol. Suffisamment pour lire des romans et demander des tapas mmmmh au serveur « Si, si hablo espanol muy bien, son tus ojos« . L’Italien ce sera pour 2015.

Lire Gastby… en VO… Prêté il y a mille ans déjà par ma meilleure amie. Le terminer enfin, le comprendre, m’accrocher. Car Fitzgerald dans le texte c’est… ardu.

Or-ga-ni-sa-tion. J’ai plein d’idées pour optimiser mon temps et cette fois-ci je compte bien tout faire pour réussir à les appliquer ! (post à venir)

Laisser sa place à la créativité. Avec pour objectif, 1 DIY par mois ici. Plus si je peux, mais au moins ça… Car chez moi, les petites choses faites main ne manquent pas… C’est bien simple j’adore ! Imaginer, créer, peindre, redonner vie à des objets qui ont une histoire et dont je ne veux pas me séparer bien qu’ils ne soient pas de leur prime jeunesse… Les idées ne manquent pas, il ne reste plus qu’à faire !

Ecrire chaque jour. Que ce soit à vous ici, ou à vous ailleurs. Ecrire. Car c’est ça le sel de ma vie à moi. Enfin… entre autres.

Aimer.

Et toi, de quoi as-tu envie que 2014 soit fait ?

Toi aussi, fait ta liste et partage-la ! Ici dans les commentaires, sur ton blog (et n’oublie pas de laisser un petit lien ici, j’irais lire tous vos articles !), ou sur Twitter via le hastag #ToDoIn2014

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