Brèves

Morning routine automnale


Morning routine automnale 2

Ces temps-ci, je traverse la période en creux qui accompagne souvent le début de l’automne, cette saison que j’aime pourtant tant et tant. Il est un peu tôt pour tout ça mais cette année il a suffit d’un peu de pluie, de quelques ciels un peu trop gris pour qu’on y soit. Le départ de mon grand-père n’y est pas non plus étranger, je crois. Pourtant, ce n’est pas un creux malheureux. Je me réjouis de l’automne et de ses délices retrouvés et je trouve dans les premiers jours plus froids – mes bottines noires aux pieds – un élan vers le passé, mes journées remplies de la douceur des instants vécus avant, il y a un an. Je me dis « tu te rends compte que déjà nous sommes aux portes de notre deuxième automne partagé ? » et je souris aussi grand qu’à l’heure des plus beaux jours.

Ce n’est pas non plus un creux de créativité, j’ai milles choses à vous raconter et bien plus de mal à les démêler, à décider par quel bout commencer et qui associer mais je sais qu’à force de mots, de phrases, de débuts et milieux posés tout finira par s’aligner. Je suis (un peu) effrayée au milieu de toutes ces idées connexes et intimes de me répéter mais la répétition ne fait-elle pas sens sur le chemin des choix posés en accord avec soi ? C’est la première fois – je crois – que je trouve tant de cohérence dans les actes posés – presque – sans y penser. J’ai envie de vous parler de la patience qui grandit – et la tolérance aussi – après des années passées à marcher trop vite, à enchaîner, à zapper, à remplir, à combler et comme c’est doux de faire ce pas en dehors et très loin des agacements quotidiens.

Non ce n’est pas un creux de tout ça, c’est un creux du corps, un creux de fatigue et de cheveux qui tombent par poignées. Un corps un brin ralenti – les épaules nouées, le dos tiraillé – qui un peu plus qu’à l’accoutumée a besoin que l’on prenne soin de lui. Avec de bons petits plats complets riches en vitamines, protéines et minéraux variés pour chaque jour, avec des résolutions qui murmurent d’un peu plus tôt me coucher – avant minuit pour commencer – mais aussi d’un peu plus tôt me lever pour laisser le temps au corps d’apprivoiser la journée avant d’y sauter à deux pieds. Ainsi depuis une semaine j’ai reculé de quarante-cinq minutes mon réveil pour une heure trente au lever libérée pour m’étirer, me préparer, méditer, préparer un petit déjeuner complet, avoir le temps de l’apprécier – et non pas l’engloutir en trois bouchées parce que vite vite je suis pressée – de boire mon thé chaud mais pas brûlant, de marcher jusqu’au métro tranquillement sans retard pour m’attendre au tournant. Aujourd’hui je partage donc avec vous cette toute nouvelle routine qui m’a déjà permis de faire redescendre la pression d’un cran.

Morning routine automnale

1. Préparer mon thé

C’est vers sept heures que sonne désormais mon réveil. Encore pieds nus je gagne la cuisine pour préparer mon thé, ainsi il a tout le temps de refroidir jusqu’au petit-déjeuner. En ce moment, j’alterne entre le Earl Grey en vrac de Twinings et le Chai thé de Yogi Tea, parfait pour se réchauffer.

2. Me préparer

Je me prépare avant de faire ma séance de méditation. Ainsi j’ai quelques minutes pour terminer doucement de me réveiller entre le choix de ce qui m’habillera pour la journée et ma routine visage minimaliste qui si elle est très simple et rapide comporte un passage « eau froide » des plus revigorant.

3. Méditer

J’ai pendant longtemps eu beaucoup de difficulté à me décider à méditer dès mon lever. Je ne savais pas où me mettre pour ne pas gêner dans le ballet du matin où chaque pièce est l’objet d’un constant va-et-vient. Sans compter le fait que c’est une activité que j’ai longtemps gardée pour moi, un peu cachée tant elle était personnelle et intime et peu partagée. Dans notre précédent appartement, j’avais trouvé la ruse, je méditais sur notre lit juste avant de partir au travail mais bien souvent ma séance était écourtée ou annulée à cause d’un retard au lever. Et ce sont mes vacances à Nice dans une chambre partagée à trois avec juste une salle de bain pour s’isoler où j’ai pourtant réussi à méditer chaque jour que j’ai trouvé ma solution : le matin, je médite aux toilettes. Je rabats le couvercle, je ferme la porte et je suis certaine de n’être pas dérangée pendant les 20 minutes de ma séance. Une solution bien pratique lorsque l’on vit dans un endroit petit !
J’ai commencé avec la rentrée le module « Stress » d’Headspace car il s’agit de l’un de mes objectifs clés pour cette année, réussir à préparer un concours sans laisser la pression me déborder. Et commencer la journée ainsi change véritablement son visage et ma façon de l’aborder.

4. Un petit déjeuner épicé

Avec l’automne, je ressens un besoin de chaud et d’épices comme jamais. Alors je les incorpore à tous mes repas et tout particulièrement au petit déjeuner. La semaine dernière, je lisais l’article de Marina – Le Golden Milk, boisson saine et réconfortante – où elle présente les vertus nombreuses du Curcuma et si j’ai bien tenté sa recette, j’ai du me rendre à l’évidence que je n’aimais absolument pas le goût du curcuma. Mais pour bénéficier tout de même de ses vertus, j’ai trouvé une parade en l’associant à mon jus orange-citron du matin.
Préparation : je verse un peu de jus d’Orange au fond d’un grand verre. Je prélève une pointe de curcuma (pas trop pour que le goût passe inaperçu) et la mélange dans le fond de jus d’Orange. Je presse et ajoute le jus d’un citron. Je complète jusqu’au sommet du verre de jus d’Orange. Je mélange bien une dernière fois et mon jus vitaminé et épicé est prêt.
Astuce : si vous n’aimez pas le curcuma, utilisez du curry dans vos plats salés, le curry est un mélange d’épices qui contient énormément de curcuma !
Côté petit déjeuner, j’ai recommencé à préparer de bonnes compotes – pomme + cannelle, poire + vanille, pomme + poire + cannelle + vanille – que je mange tiède avec me granola bio et sans gluten amande-vanille de Charles Vignon. Avec mon Chai thé, ma réserve d’épices est faite pour la journée !

5. Marcher le nez en l’air jusqu’au métro

S’il est bien une chose qui n’aille pas avec la gestion du stress c’est d’être pressée et de courir après son metro tout en sachant le retard assuré. Partir en temps et en heure, avoir le temps de marcher à mon rythme jusqu’à ma station, je m’y essaie depuis une semaine. Ce n’est pas encore gagné mais les journées où j’y arrive, je vois une vraie différence à l’arrivée.

6. Un livre-sourire pour le trajet

Nous parlerons très certainement bientôt lecture par ici – d’ailleurs, Victoria lance un club de lecture en ligne, tu viens ? – mais emporter un livre-sourire est un vrai moyen de commencer ma journée du bon pied. Lorsque j’arrive au travail, la somme de tous ces moments qui ont préparé le début de ma journée me rendent plus disponible à elle et plus juste dans ma manière de l’aborder. Je suis plus sereine et en cas de pression, je vais plus facilement vers le réflexe de respirer et de me dire que « tout va bien aller ».

Morning routine automnale 1

Et vous, votre morning routine change-t-elle aussi au fil des saisons ?

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Dear August


détail

Dear August,

J’ai le souvenir d’un Toi rempli de nostalgie et d’une lumière chaude en prémices à l’automne. Tes jours n’ont jamais été plus marqués que cette année du sceau des pages tournées et ton quotidien n’a jamais pesé si lourd. J’apprends dans cette difficulté nouvelle et à l’aune des gestes mesurés, la lenteur, l’avance, l’effort maîtrisé. La tentation est forte de ne pas imposer en retour la force nécessaire pour me maintenir à flot et de lentement céder à l’appel des fonds. Mais je sais la remontée plus difficile que de réapprendre dès aujourd’hui doucement à flotter. Alors je bois la tasse de temps en temps et je réapprends l’inné d’hier.

Août je t’écris depuis le train, depuis le lit, depuis la pénombre, depuis Paris, depuis la Normandie. J’ai recommencé à courir. Je me suis laissée guider sur les chemins, sur le bitume, dans les sous bois et les paysages changeant de Normandie. Sous mes pieds j’ai senti la dureté du sol et sa mollesse, l’herbe gorgée de rosée, le crissement de la glaise, l’irrégularité des branchages et des pierres parsemées dans les chemins. J’ai regardé mes pieds, un pas après l’autre, j’ai couru comme je vis depuis. J’ai rempli ces journées d’instants et d’essentiel. Je les ai remplies du vent sur ma peau, du sable sous mes doigts, du sucré de la glace et de la beauté des ciels de tes soirs. De la clarté des paysages après la pluie, de la poussière de tes jours trop chauds, du thé partagé, des confidences à demi-mots, des instants passés dans la douceur réconfortante de ses bras et de là-bas. J’ai vécu ces jours comme si le temps de guérir m’était offert, comme si lundi n’existait pas. Mais le train-retour est arrivé à quai tout comme dimanche a vu poindre ses dernières heures à l’horizon.

Août, j’essaie. Chaque jour, à chaque instant, de me défaire de l’ombre par les gestes quotidiens, les tâches alignées en réponse à ce qui doit être fait. Mais j’accepte que le processus doive exister, que ces jours soient nécessaires, que la peine fasse partie d’aujourd’hui. J’accepte qu’il faille du temps pour ne garder que les sourires et sécher les larmes pour longtemps. Peut être est-ce là l’ultime apprentissage de la patience, l’être et le maintenant retrouvé.

Août, tu me places au seuil d’années qui charrient dans leurs sillages difficultés, challenges et changements. J’espère retirer de tes jours difficiles la sagesse de ne pas me noyer en elles et de toujours savoir me replacer face à mon Nord. De toujours donner la première place à mes essentiels. Août, tu me rappelles la justesse de n’aspirer à aucune gloire que d’aimer chaque jour un peu mieux. 

Août, je pioche dans la liste de mes réconforts et j’en parsème le quotidien. Je prends soin. Et chaque bonheur voit fleurir au bout de sa course le souvenir. Mais Août, il est important de vivre. Je me le répète chaque matin.

*

Le format de cet article m’a été inspiré par la série de vidéos « Dear July » lancée par la Youtubeuse Emily Diana Ruth. Si tu ne sais par laquelle commencer, je te conseille la lettre d’Estée Lalonde (Essie Button) qui m’a touchée de profondeur et de justesse et que je regarde assez souvent lorsque le quotidien m’échappe pour ne pas oublier de donner le temps à l’essentiel avant l’urgent.

Et toi, si tu devais écrire une lettre à Août, que lui confierais-tu ?

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Pépé


Pépé - à mon grand-père - Famille - Deuil - Miss Blemish

Assise à la table du café, l’air glacé dans mon dos et dehors Paris gris pour une heure encore avant les sifflets sur le quai, je dois trouver la voix, l’envolée qui tout à la fois dit « tu nous manqueras », « tant qu’il y aura encore l’un de nous pour se rappeler « toi » tu ne seras pas vraiment, définitivement là-bas », « l’amour ne meurt pas ».

On est montés, cousins et cousines, derrière la maison, dans le jardin et sous les bâches cherché les pommes de terre que nous ramassions chaque été tous ensemble dans le court champ un peu plus bas. Puis sortis de la courte remise, la pomme de terre choisie pour toi rouge, ni trop grande, ni trop petite, nous avons gagné ce tout au fond où les mûres grimpent, que nous venions chaparder exactement à la même heure, avant de dîner, alors que le soleil doucement décline. A., R., D. et Y. m’ont raconté alors comment hier, en descendant la même allée, un double arc-en-ciel les avaient tous accueillis une fois arrivés devant la maison. Et on a regardé le ciel en silence.

R. a évoqué le bruit du parquet grinçant de ta chambre sous tes pas que l’on entendait chaque soir de vacances depuis le lit tout contre la paroi nous séparant de ta chambre. Cela m’a rappelé les heures passées dans l’obscurité à attendre que Mémé vienne se coucher, la lumière du couloir en feu vert à Morphée. Devant les tomates du jardin, nous nous sommes souvenues ensemble des salades d’été et de ces cagettes pleines de fruits et légumes frais que tu préparais avec amour pour chacun d’entre nous. Cela m’a fait du bien, tu sais, de me souvenir à mon tour là où je croyais n’avoir rien à quoi me raccrocher. Tout à coup, tu étais à nouveau là, en moi, ces milles instants gravés plus ou moins nettement, des sentiments mêlés de couleurs plus que des scènes bien tournées, quelques clichés pris à un instant T et perdus dans l’immensité du souvenir. Aujourd’hui il me reste cet amour flou pour ce pays qui m’est pourtant étranger, cette manière de cuisiner héritée, qu’il faut surtout manger « la bonne sou-soupe » qui reste aujourd’hui encore au menu de bien de mes soirées, et les Kartoffel, le seul mot d’allemand sûrement que je ne saurais jamais. Le seul qui vaille la peine, puisque tout commence et tout finit autour des patates que tu as plantées et que nous avons ramassées comme autant de valeurs et de pistes héritées.

Aujourd’hui j’aimerais croire plus, croire davantage, croire que tu m’entends, croire que tu es là – et y songeant ce matin sous ma douche j’y trouvais l’idée on ne peut plus bizarre – mais je n’ai que cette croyance comme une infinie certitude à laquelle me raccrocher : tu vis en moi. Et ta vie éternelle aujourd’hui ta vie charnelle achevée réside en nous tous aujourd’hui rassemblés qui nous nous souvenons de toi. Nous tous en qui tu continueras à vivre de toutes les graines de gentillesse, d’humour, de justesse et de tendresse que tu y as planté. J’espère savoir dans ma vie comme toi, toujours réussir à reconnaitre l’essentiel et je terminerai par ce poème, comme un grand élan d’espoir :

« L’amour ne disparait jamais.
La mort n’est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, tu es toi :
Ce que nous étions l’un pour l’autre,
Nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.
Parle moi comme tu l’as toujours fait.
N emploie pas un ton différent.
Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble
Prie, souris, pense à moi, prie pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison
Comme il l’a toujours été,
Sans emphase d’aucune sorte,
Sans trace d’ombre.
La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié.
Elle est ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée
Parce que je suis hors de ta vue ?
Je t’attends, je ne suis pas loin,
Juste de l’autre côté du chemin.
Tu vois tout est bien. »

*

Ceci est le texte que j’ai lu aujourd’hui dans la courte chapelle qui a accueilli ma famille endeuillée et il me semblait juste qu’il trouve sa place dans cet ici qui m’est si cher. Peut-être te fera-t-il sourire toi qui a aussi connu cette peine-là, peut-être réveillera-t-il quelques bons souvenirs qui ne demandaient qu’à resurgir, peut-être te fera-t-il aller rendre visite à ceux qui sont toujours là. Alors tout n’aura pas été perdu.

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