Brèves

Pour Thanksgiving, une liste de mercis


Pour Thanksgiving, une liste de mercis - Bienveillance - Slow life - Miss Blemish

Outre atlantique il est l’heure de dire Merci aux milles choses qui font sourire nos vies en mémoire de ceux partagés il y a des dizaines et des dizaines d’années. Si l’Histoire a de quoi ternir cette coutume à tartes au potiron, je la trouve douce en ce qu’elle remet tout au centre la gratitude, ce petit réflexe de dire merci en soi, à la vie ou aux personnes qui la rendent si jolie et qui rend autant heureux celui qui le reçoit que celui qui le dit. Alors aujourd’hui j’avais envie à mon tour de lister mes mercis en autant de choses qui me font sourire au quotidien avec – comme le veut la tradition – des pumpkins waffles plein les mains !

Ma vie avec l’amoureux. En tout premier et même si c’est (un peu) cliché. Notre complicité au fil de tous ces moments partagés depuis presque longtemps, ce langage qui est devenu le nôtre sans parler, ces petites attentions qui font autant sourire que pleurer, le bonheur simple et pourtant oh combien précieux, incroyable et merveilleux d’une douce présence à ses côtés.

Ce joli plaid tricoté pour moi par maman l’an dernier qui sur mes épaules toute la journée permet au chauffage de voir l’heure d’être rallumé un peu retardée.

L’heure d’hiver qui plonge le studio de yoga dans la pénombre et les lumières douces qui se combinent à celles des bougies. Sentir mon corps tout entier qui s’étire et toucher du doigt la possibilité de la pleine conscience, d’être là malgré l’inconfort. Voir céder peu à peu l’urgence de bouger pour celle de simplement respirer.

La douceur, la gentillesse et la bienveillance de cette professeure de yoga d’outre-atlantique qui ne délie pas seulement les tensions dans nos corps malmenés mais aussi dans nos cœurs parfois éprouvés. Ma gratitude pour Mély qui en août me permettait de la rencontrer.

Bouger tous les meubles pour une séance photo. Et rire avec l’amoureux qui trouve toujours à tomber sur le lit au moment même où j’essaye de le déplacer…

Ce gaufrier rond dont je rêvais depuis New York, que l’amoureux m’a offert l’an dernier pour Noël et qui ne connaît pas une utilisation sans sourires et trépignements d’impatience.

Ma famille qui sait rire à gorge déployée, parler fort pour défendre ses idées comme se serrer très fort dans les moments où le coeur est si lourd qu’il faut s’y mettre à plusieurs pour le supporter. La joie et ma reconnaissance d’avoir pu apprendre l’importance qu’il y a à respecter nos rendez-vous, à se retrouver, peu importe la distance qui au quotidien nous sépare, pour être tous ensemble. 

Pour Thanksgiving, une liste de mercis - Bienveillance - Slow life - Miss Blemish

La bienveillance et la douceur des petits mots que vous laissez ici que je lis et auxquels je réponds toujours le sourire aux lèvres. La chance immense de pouvoir faire vivre et partager toutes ces choses que j’aime aussi bien entourée.

Ouvrir les volets et découvrir le ciel bleu.

L’odeur délicieuse de la bougie Durance « Biscuits ».

Lorsque parfois les mots se délient et trouvent leur place ensemble et sous mes doigts presque sans difficulté. Et ce savoir acquis avec les années de ne céder ni à la culpabilité, ni à la tristesse d’avoir peut-être perdu un savoir faire d’hier lorsqu’ils m’échappent. Les expériences répétées qui murmurent qu’il en va ainsi de la créativité – par vagues à laisser partir ou attraper.

Le pack Self-Esteem d’Headspace qui m’a permis cet été de faire oh combien de pas sur le chemin d’une plus grande et douce bienveillance envers-moi. Oh combien m’asseoir et écouter a permis de débloquer toutes ces petites cases enrayées de peine et de méchanceté par l’acné.

Mon papa qui d’un livre offert m’a ouvert les portes vers ce savoir être au présent qu’offre la pleine conscience.

Les petits et doux messages qui font sourire n’importe quelle journée.

Les nouvelles d’au bout du monde qui disent « Je pense à toi » et « je ne t’oublie pas ».

Les recettes pleines de souvenirs heureux et le plaisir de les partager pour faire s’agrandir toujours plus le cercle de ceux qui sourient dès la première bouchée.

Me réveiller à tes côtés.

Ces amis, Mes amis, de tous horizons, éparpillés en France et sur le globe, qui d’un message font taire des mois de silence comme ils font mentir l’adage voulant que la distance fasse s’effriter les amitiés.

Toutes ces personnes créatives qui prennent le risque chaque jour de faire vivre ce qui les anime et le partagent avec nous, nous entraînant dans leur sillage et semant sur nos doutes un peu d’espoir. 

Pour Thanksgiving, une liste de mercis - Bienveillance - Slow life - Miss Blemish

Le soir, avec l’hiver, remplacer les théières de tisanes et de thé par des citrons chaud noyés de miel et de gingembre.

Se retrouver toujours pour des soirées improvisées qui mêlent bon vin et discussions enjouées.

Les heures passées à peindre, coller, dessiner, composer des images, photographier, placer chaque éléments, essayer, recommencer, et ce sourire né des « c’est moi qui l’ai fait » même lorsque c’est imparfait.

La certitude d’avoir encore tellement à apprendre et tellement d’espace encore pour m’améliorer. Le goût précieux de vouloir plus que jamais m’y consacrer.

Le tajine au poulet, à la mangue et à la menthe du Petit Cahoua, ce restaurant marocain féerique. Le thé vert chaud et sucré et les pâtisseries pleines de miel qui me rappellent les saladiers que nous offraient cette voisine si gentille de ma maison d’enfance.

Les blogueurs/ses et Youtubeurs/ses qui distraient le quotidien et allègent les jours moins bien d’autant de preuves que la vie, c’est « ça » aussi. Ce sourire qui naît à chaque fois que je reçois un message disant qu’une petite phrase, un article ou un bout de réponse a rempli un peu de cette mission aussi.

Me lever à pas de souris pour préparer nos petits-déjeuners du dimanche. Le plaisir de se retrouver autour du chocolat chaud et du thé après nos semaines à horaires décalés.

Le plaisir d’un joli bouquet de fleur.

Et toutes ces choses auxquelles on ne pense ici que très peu par la force de nos chances. La chance d’avoir de l’eau qui coule au robinet, de l’électricité au bout de l’interrupteur et dans nos rues – quoiqu’en disent les récents évènements – la paix. La chance de pouvoir faire – théoriquement et dans les textes – chacun nos choix sans être limités par notre contingence, la chance d’avoir la liberté de rire, parler, pleurer, espérer. La liberté de dire non et celle de dire oui. La liberté de faire l’amour en aimant ou sans aimer, en s’engageant ou sans s’engager, avec une personne du même sexe ou de sexe opposé. 

Pour Thanksgiving, une liste de mercis - Bienveillance - Slow life - Miss Blemish

Et vous, que contiendrait votre liste de Mercis ? J’ai hâte de lire vos anecdotes souriantes !

Laisser un commentaire - 25

Vendredi, théorie des chocs et de l’aléas


Vendredi, théorie des chocs et de l'aléas - Paris is about life - Traumatisme - Psychologie - Miss Blemish

Vendredi nous a placé tout au bord de nos chances d’hier et de celles qui restent, vacillantes et difficiles à saisir, aujourd’hui. À nos carreaux ont toqué les réalités si lointaines de ceux que l’on ne voit jamais qu’à travers des écrans, si loin, si loin de notre quotidien. Vendredi a rendu palpable cette réalité fondue, cantonnée dans nos pays de paix à une fatalité sans visage : l’aléas, le hasard qui veut qu’on puisse se trouver au mauvais moment… au mauvais endroit. Sortir, sourire – essayer – nous place devant la nécessaire acceptation d’une éventualité qui vient poser la question de notre propre résilience, de l’intensité de ce combat interne entre ce que nous voudrions que la vie soit et ce qu’elle est ou pourrait être. Vendredi a fait s’envoler la croyance illusoire mais oh combien réconfortante d’être en possession des cartes régissant notre existence et nous a obligés à reconnaître l’incapacité de nos actes et de nos choix – mêmes posés avec conscience – à protéger entièrement nos vies de l’aléas. À tous nos « ça aurait pu être moi » est venu frapper l’écho de nos redoutés « et ça pourrait l’être demain ».

Individuellement et au-delà de toutes les dimensions géopolitiques que sous-tendent cette tragédie, ce cheminement psychologique face auquel ce drame nous place et notre manière de nous approprier ce Réel pour trouver le compromis qui nous permette de continuer à vivre m’interroge et me place face à mes failles, mes peurs et mes contradictions. L’écart entre ma peur d’être la prochaine victime de l’aléas et ce que je ressens comme nécessité : continuer à vivre pour ne rien retrancher à ma liberté, nos libertés, celles pour lesquelles tant de gens ont mené tant de batailles. Ma responsabilité face à cette liberté qui s’éteindrait si tous nous choisissions de nous cacher entre nos murs faisant de Paris une ville comme assiégée. Ma liberté d’être une Femme sous le joug d’aucune autre contrainte que celles que je m’impose de mon plein gré. La liberté que notre société de Droits nous offre à tous comme possibilité. Nos Droits soudain faits presque Devoirs, pour les protéger et la difficulté de s’y astreindre avant l’onde de choc éloignée. Soudain, ce ne sont plus nos rêves qui nous demandent de sauter dans le vide pour nous donner une chance mais la vie pour la vivre.

Je ne savais pas où ces pensées qui s’emmêlent depuis vendredi me conduiraient, si disséquer l’angoisse me permettrait de poursuivre l’élan de vie qui souffle sur Paris depuis vendredi en réponse à la barbarie sans rien nier des difficultés au creux de chacun à continuer « comme si », à continuer « mieux », à continuer avec douceur, justesse, amour et tolérance, à continuer un peu comme si on le faisait pour ceux qui auraient bien aimé avoir cette chance. Mais d’y avoir tellement réfléchi, d’avoir été lever les voiles uns à uns sur la pénombre sans me mentir, j’ai trouvé ma conclusion : j’aime la vie et surtout j’aime Ma vie. J’aime Paris. J’aime m’y promener, y regarder le ciel un sourire aux lèvres lorsqu’il s’éclaire après la grisaille, j’aime la douceur de ce mois de novembre qui accepte les fenêtres ouvertes en grand sans frissons, j’aime les cafés et les mojitos partagés la semaine une fois terminée, j’aime les concerts et surtout avec V., j’aime chanter et danser seule devant mon miroir, j’aime écrire dans le metro, j’aime m’arrêter pour regarder la tour Eiffel jusqu’à ce qu’elle arrête de scintiller, j’aime embrasser l’amoureux sur les boulevards, j’aime nos souvenirs accrochés à Paris, accrochés à ses murs et ses toits d’ardoise, j’aime faire du shopping rue de Charonne, rêver dans les rayons de Scotch&Soda et boire de la limonade à la menthe avec May au pain quotidien des paquets plein les mains, j’aime les pavés trempés de pluie et de feuilles colorées, j’aime les éclairages dorés qui déjà annoncent les fêtes dans les rues, j’aime l’odeur des marrons chauds à certaines sorties de métro, j’aime les joueurs de violon-accordéon-instruments sans nom, j’aime le Champ de mars, l’île aux cygnes, le Marais, Notre dame et Montmartre, j’aime le Neuvième et l’impression d’y être comme dans un village, j’aime ma rue et ses boutiques ouvertes comme un gigantesque marché, j’aime slalomer entre touristes et passants en courant, j’aime Concorde, Madeleine et Opéra, j’aime les chemins que l’on prenait pour relier son appartement au mien, j’aime Montparnasse, j’aime le Palais royal, j’aime les cinémas qui diffusent tous des films en VO, j’aime les guinguettes d’été sur les quais, j’aime me promener à la nuit tombée.

J’aime Paris, j’aime l’amoureux et oh combien j’aime notre vie à deux.

J’aime dire Je t’aime et j’aime croire que de ce drame fleuriront peut être de douces prises de conscience pour nos quotidiens. Que peut-être nous garderont le réflexe de dire à ceux qu’on aime qu’on les aime avant de partir le matin et retard ou pas de les serrer dans nos bras, que nous essayerons un peu plus fort de rester souples sur les sujets qui nous sont chers, ceux tout au creux, ceux qui nous feraient bondir d’indignation devant ceux qui ne partagent pas notre opinion, peut-être nous restera-t-il la conscience que de rester campés sur nos positions, de juger hâtivement, de se crisper sur nos « j’ai raison » ne mènent qu’aux extrêmes et qu’il est autant de vérités que de personnes pour en parler. Peut-être lâcherons-nous un peu prise avec le futur pour profiter un peu mieux, un peu plus intensément du présent, peut-être apprendrons-nous à savourer les yeux brillants chaque instant. Peut-être garderons-nous ce savoir de nos chances, nos chances de vivre en paix et libres de nos croyances, nos chances d’avoir devant nous comme limites à notre liberté seulement celles que nous saurions nous imposer. Peut être… Pour ma part, si j’avais commencé – les sourires, vous vous souvenez ? – j’ai plus que jamais envie de continuer à y travailler.

Laisser un commentaire - 23

Nos sourires en résistance à l’Horreur


nos sourires en résistance à l'horreur - Paris 13 novembre - Paris is about life - Espoir - Amour - France - Unité - Miss Blemish

Ouvrir les fenêtres sur ma rue silencieuse, laisser l’air frais traverser les murs et s’arrêter sur mon visage enfermé trop longtemps, lever les yeux vers le ciel rose-gris-bleu, sentir l’appartement doucement se remplir de l’odeur chaude des gaufres cuisant lentement et décréter cette version-ci – au citron – ma préférée. Regarder le thé colorer l’eau chaude, m’asseoir pour méditer, aimer, porter de l’écru, du blanc cassé, m’étirer, joindre mes mains sur ma poitrine pour prendre quelques poses de yoga et retrouver l’équilibre qui vacille sitôt mes yeux fermés. Enlacer l’amoureux et chuchoter des Je t’aime qui disent à quel point c’est bon, à quel point je suis reconnaissante de pouvoir être là maintenant dans tes bras, ensemble et en vie. Remplir d’eau fraîche le vase des roses offertes vendredi à l’heure de se retrouver après plusieurs jours séparés, sentir – combien de fois – les larmes monter devant la démonstration de ce que l’Homme a de plus beau après ce qu’il a de plus laid. Ramasser des feuilles dans la courte allée de l’immeuble sur les branches lourdes, les glisser entre les pages sous les encyclopédies pour bientôt les retrouver séchées. Se retrouver entre amis, ouvrir du vin, laisser la musique combler nos silences désemparés.

Aujourd’hui où les sourires peinent à se frayer leur chemin entre les larmes, je les ai remis tout au centre, je leur ai laissé, non sans difficulté, la place d’exister. La douceur en rempart, en résistance, en acte posé consciemment face à l’horreur, face à la peur. La peur a été le mandat de tous les oppresseurs que nos civilisations humaines, de tous temps, aient connus. Et lorsque l’on regarde l’Histoire depuis nos positions, on se demande souvent « Comment ? », comment une si infime poignée de gens a pu faire pour victimes des milliers d’autres, opprimés. C’est ce que fait la peur : elle sclérose, divise et oppose, elle arrache aux mains des victimes la faculté de s’unir, de se rassembler, de se soulever en des heures où il est impossible de fédérer à large échelle sans outil pour communiquer. Cependant aujourd’hui, Internet nous a affranchi des frontières géographiques et nous permet à tous de ne plus vivre nos drames isolés mais tous ensemble rassemblés. Internet a permis à la solidarité de s’organiser aux heures les plus sombres pour sauver et secourir le plus grand nombre. Internet nous a permis de nous sentir moins seuls, de nous sentir unis, soutenus, aidés et aimés, par-delà les frontières. Et unis, la Peur n’a plus d’emprise. Aujourd’hui où hier cet ici me semblait si loin, je le retrouve plus que jamais empli de sens et d’importance puisqu’il représente toutes les petites choses qui font sourire la vie. Tout ce qui vendredi a été frappé d’horreur : Rire, se retrouver, partager, cuisiner, créer, rêver, espérer, aimer.

Aujourd’hui où à l’extérieur la paix est ébranlée, la cultiver en nous et entre nous ne m’a jamais semblé avoir plus de sens et d’importance. L’heure est à apprendre pour de bon la tolérance, à comprendre l’autre au-delà de ses infimes différences, à ne pas juger celui qui à besoin de se taire lorsque l’on a besoin de parler, à respecter la manière dont chacun vit, tremble, aime, prie et espère. À lâcher prise avec nos certitudes et laisser à chacun la place d’être ce qu’il est, tel qu’il est. Ceux qui râlent, ceux qui bousculent, ceux qui rient, ceux qui pleurent, ceux qui se taisent, ceux qui s’enferment, ceux qui ont peur, ceux qui espèrent, ceux qui essaient de faire « comme si » et ceux qui n’y arrivent pas. Il est l’heure de relâcher poings et mâchoires et d’ouvrir nos bras. D’aimer plus loin et plus fort que soi, de comprendre que nous ne gérons pas tous nos défis, nos peines et nos joies pareillement et que pourtant, à l’arrivée, l’humanité est unité.

Laisser un commentaire - 29