Brèves

Rentrer à la maison


Manger sans gluten en voyage à Copenhague - gluten free travel - Miss Blemish

Rentrer à la maison a toujours un goût particulier, une texture, des odeurs, de l’impalpable en pagaille, des bouts de riens qui pourtant mis bout à bout ont tout de signifiant. C’est cette marche de l’escalier qui craque, le moelleux du canapé qui demande quelques minutes pour ajuster au mieux sa position, l’odeur des couvertures, de l’air et des coussins, le bruit de la télé en fond qui dans cette maison n’a rien d’agaçant, c’est un chuchotis qui accompagne et trompe la solitude. C’est la petite lumière allumée une fois la table désertée, celle qui annonce les dernières heures de la journée arrivées, c’est le bruit des aiguilles à tricoter, du verrou de la porte de la salle de bain, des pas sur le parquet, des « à table » de bas en haut, des « j’arrive » de haut en bas. C’est la lumière qui clignote par intermittence au dessus du plan de travail, les lanternes qui bringueballent au rythme du vent, dehors et la tisane aux épices et au gingembre. C’est savoir exactement quelle est la serviette la plus moelleuse et qu’il y a toujours des brosses à dents neuves dans le placard sous le lavabo. C’est le miroir de la salle de bain dans lequel on se voit un peu trop bien, l’odeur du pain grillé le matin et le réveil éteint, remplacé par l’ouverture automatique – huit heures – des volets sur le jardin. C’est l’odeur de l’air en hiver, une odeur de bois fumé-mouillé contrastant avec l’air très sec qui vient faire fumer les bouches et les mains se frotter. Ce sont mes affaires qui retrouvent leur place dans la chambre abandonnée, manteau et sac sur le siège du bureau, clés posées sur la commode, valise éventrée sur le parquet. Et à chaque fois ce dilemme qui veut que cela ne vaille pas la peine de la défaire pour en re-remplir les étagères mais ce besoin pourtant de le faire pour se sentir « rentré » vraiment. 

Rentrer à la maison, c’est sentir combien l’équilibre des liens qui nous unit à ceux qui nous sont proches, famille et amis, est solide, fragile, simple et compliqué à la fois. Comme parfois un rien devient une montagne et comme parfois une montagne est franchie en un rien. C’est l’impuissance parfois de ne pas savoir ou s’autoriser à  exprimer suffisamment bien ce qu’il y a au fond de soi. C’est un doux-amer qui rappelle les kilomètres qui séparent et donne aux moments partagés une urgence, celle d’en profiter, celle de se rappeler qu’ils sont comptés mais aussi qu’il n’y a qu’un train, un avion ou quelques heures de voiture pour en recréer demain. Rentrer à la maison c’est faire grandir à chaque fois en soi le projet de rétrécir les distances demain mais aussi de faire ses propres choix. D’aimer sans s’oublier ni se renier et la possibilité aussi de choisir ses batailles, même autour de la table familiale. C’est se rapprocher et s’éloigner tout à la fois. C’est accepter de parfois poser sur les gens que l’on croyait connaître, un regard différent. Et que parfois « les gens » ce soit soi.

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Ma wishlist d’hiver


Ma wishlist d'hiver - Noël 2016 - Slow lifestyle - Miss Blemish

Parce que les petits et grands froids charrient toutes sortes d’envies, je vous écris ce matin un article à sourires digne des premières lueurs des petits matins de nos Noëls d’enfance à l’heure où – guettant le réveil des plus grands – l’on se répète par coeur ce que l’on espère très fort trouver sous les emballages colorés déposés au pied du sapin. 

C’est la première fois que je compose une wishlist comme celle-ci, armée de tous les silences que d’année en année j’offre à celles et ceux qui me demandent ce que je voudrais pour Noël/pour mon anniversaire/pour fêter telle occasion. Mais ce n’est pas la seule raison. Depuis longtemps je sais que je n’aime jamais plus m’offrir ou me voir offrir un objet qu’après l’avoir désiré-attendu longtemps et eu le temps justement de vérifier que je le voulais vraiment. Alors, à part quelques achats coups de coeur de temps en temps – des livres essentiellement – j’ai pris progressivement l’habitude d’attendre un peu avant de craquer et de lister les choses qui me manquaient au quotidien pour les rendre prioritaires dans mes achats. Rien de bien innovant en somme mais cela me convient plutôt bien. Et puis, je dois l’avouer, j’ai très envie de lire ce que vous vous aimeriez trouver au pied du sapin/pour votre anniversaire/pour mettre un peu de douceur dans l’hiver cette année. 

Ma wishlist d'hiver - Noël 2016 - Slow lifestyle - Miss Blemish

(vrai besoin) Un grand-mais-pas-trop sac à dos pour nos week-ends en amoureux et nos balades en montagne – Sac Hershel teinte Camel, assortie à mes cheveux :) 

(douce envie) Une bougie Durance au Biscuit (qui donne à la pièce dans laquelle elle brûle l’odeur délicieuses des journées-sablés d’avant Noël)

(douce envie) Le très doux calendrier de l’avent Greenma avec un thé ou une infusion par jour à découvrir jusqu’à Noël pour remplir la théière qui accompagne chacune de mes après-midis travaillées de saveurs différentes pendant décembre.

(vrai besoin) Une carte de 10 séances de yoga dans ce petit studio si clair et paisible où j’apprends depuis un an déjà à lâcher prise, à respirer, à exister « malgré » – les muscles qui tirent ou mon coeur serré.

(douce envie) Un livre de cuisine pour apprendre à cuisiner autrement, Le Healthy Vegan de Marie Laforêt. Un livre pour rire et sourire, 30 ans (10 ans de thérapie) de Nora Hamzawi. 

(douce envie) Une guirlande de lumière très fine avec de toutes petites led qui s’éclairent de lumière douce et dorée. 

(douce envie) Le parfum « Le thé des vignes » de Caudalie très léger, très discret qui s’estompe tout en douceur et reprend certaines notes du CK one que j’aime tant (mais dont je trouve l’odeur trop « forte » même si l’on n’en dépose qu’une pulvérisation) 

(vrai besoin) Des collants doux et épais pour pouvoir mettre des robes tous les jours et des chaussettes tricotées qui protègent les chevilles des grands froids. 

(douce envie) Que le joli pull jaune moutarde de la nouvelle collection Scotch & Soda soit très très très bien soldé en janvier ;)

Et psst ! les photos qui illustrent l’article ont été prise dans l’une des très jolies boutiques We Are Labels d’Amsterdam

Ma wishlist d'hiver - Noël 2016 - Slow lifestyle - Miss Blemish

Et vous, de quoi se compose votre wishlist d’hiver cette année ?

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Et l’importance de faire de la place pour ce que l’on aime


Et l'importance de faire de la place pour ce que l'on aime - Slow life - happiness - Miss Blemish

Août, je t’écris pour la première des nouvelles fois un jour de pluie sur une trame blanche émaillée de gris. Les mots dansent la course folle, la lumière court sur l’axe le long des courtes heures et des minutes dorées bientôt précieuses et je cours tantôt avec eux, tantôt après eux. Je parle du commencement, du recommencement, du rien dont émerge un Tout et à ce moment-là rêve cache des mots qui gagneraient d’harmonie sur le papier le pouvoir de résonner par delà mes frontières limitées. Et je me souviens de la douceur qu’il y a à commencer à rêver. Du vertige tout au bord déjà loin lorsque ça y est, j’ai sauté.

Ces jours derniers comme à chaque fois qu’à ma porte vient toquer janvier, je me frotte au creux dans lequel viennent s’abîmer des pourquoi et des comment murmurant des peut-être. Des qui reprennent ce que j’ai entendu bien des fois, des qui disent « peut être devrais-tu arrêter tout ça… ». Et il est tentant – un court instant – de croire les yeux fermés à la facilité d’abandonner ce qui n’a d’évidence qu’au creux pour ce qu’ouvertement je me suis choisi pour destinée. De dire « je ne fais plus que ça » en croisant dans mon dos les doigts au moment de jurer – la tête hochée – que « certainement ça suffira ». Derrière le mot rêve aux mots sont venus peu à peu s’accoler la douceur de ce genre de lumière qui vient sublimer un cliché, empruntée, des mots techniques à l’existence apprise après en avoir inventé seule des versions imparfaites et boîtillantes, accompagner, aimer, inventer, apprendre et puis l’envie dénudée de simplement pouvoir continuer.

Et l'importance de faire de la place pour ce que l'on aime - Slow life - happiness - Miss Blemish

Je m’interroge et pourtant au creux je sais face à mes doutes et face aux leurs qui viennent se coller à moi glacés la place de cet ici aussi nécessaire que ce là-bas qui se construit lui aussi – paradoxalement et contre l’apparente évidence – ici en grande partie. Les contours de mes demains qui – de chaque expérience partagée, de chaque mot et de chaque photo posés, de chaque échange par-delà le prisme où ne m’est encore accessible que mon propre reflet – trouvent à s’éclaircir et s’affiner pour me guider pas à pas vers cet instant où ces parties de moi partagées ne seront plus seules mains tendues vers vos mots en écho, offertes à qui pourra y trouver de quoi se nourrir, sourire et s’inspirer, mais où il y aura aussi et en plus de tout ça des visages – vos visages ? – et nos conversations moins générales et plus centrées, enfin de vive voix.

J’ai enfin compris – je crois – le temps qu’il faut savoir laisser au Sens pour se trouver au milieu de nos intuitions qui nous poussent en grand écart à bouleverser nos quotidiens, le mirage qu’est la facilité promise à suivre les yeux fermés ce que l’on s’est choisi pour soi il y a bien souvent des années et la nécessité de suivre cette intuition au moment de faire de la place – à son échelle et avec patience, sans rien brusquer, sans tout « plaquer » – à ce qui nous donne l’impression de reprendre d’amour et d’évidence notre respiration dans nos grands tourbillons. Mais surtout et aussi que s’il est souvent des opposés entre ce que l’on fait et ce que l’on va commencer – envers et contre notre propre scepticisme au coude à coude avec espoir et enthousiasme – il n’est pas rare que le Sens faisant chemin, nos opposés viennent à se retrouver, tous les ponts et les connections entre eux tissées de longue haleine et sans y penser enfin à nos yeux dévoilés. Parce que ce que l’on aime, ce que l’on a tout au creux de soi a souvent bien plus de raison d’être et de raisonnable que ce que l’on pourrait en croire au premier regard.

Et l'importance de faire de la place pour ce que l'on aime - Slow life - happiness - Miss Blemish

« Maybe it [love] means something more, something we can’t yet understand Peut-être que l’amour a une toute autre signification, quelque chose que nous ne comprenons pas encore » Dr Brand in Interstellar

Et vous, vous y arrivez à faire de ce que vous aimez des priorités ?

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