Incivilité parisienne


Incivilité parisienne - Société - Paris - Miss Blemish

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Ce week-end, une amie, lyonnaise de son état, ma meilleure amie, est venue me rendre visite à Paris. Et encore une fois j’ai eu à déplorer la lamentable image de la ville qu’en donnent les parisiens eux-mêmes. Plus besoin d’avoir un reflex autour du cou pour être catégorisé « touriste », votre amabilité suffit. Qu’on ne s’y méprenne pas : je ne pense pas que l’incivilité soit une spécificité parisienne, simplement, dans une grande ville, une petite impolitesse additionnée à celle du voisin et c’est tout de suite invivable pour qui n’est pas habitué à jouer des coudes, éviter, louvoyer, ignorer, baisser les yeux, se faufiler… A Paris, on bouscule, on marche sur les pieds des gens, on n’attend pas que les voyageurs descendent du métro pour s’y engouffrer, on ne tient pas la porte au voyageur suivant à la sortie des portiques, on ignore la personne qui nous tend l’un des journaux gratuits du matin, on ne s’assoit surtout pas près de la fenêtre parce qu’on ne veut pas de voisin de voyage mais surtout pour ne pas se retrouver bloqué par trois autres voyageurs mal lunés au moment de descendre, on pousse, on râle, on parle fort, on répond à son téléphone et on gratifie tout un chacun des détails les plus intimes de sa vie privée. Pas plus tard qu’hier, l’une de mes amies se faisait cracher dessus. La liste est longue au panthéon de la discourtoisie.

Il ne s’agit pas d’un racisme primaire dirigé envers cet individu gris qu’est le parisien embrumé dans son coltar matinal, je suis née ici. Et j’aime ma ville, vraiment. Sinon, cela ne m’attristerait pas autant que nous en donnions tous une si mauvaise image. Et ne croyez pas que je sois un exemple et que je jette la pierre sur « les autres, ces vilains » : je suis la première à oublier toute politesse dès que j’ai dix minutes de retard, à courir comme une dératée pour ne pas louper mon métro, affolée. Je l’avoue non sans honte. Mais j’essaie autant que faire se peut d’être courtoise même si parfois (trop souvent) c’est compliqué. Parce que la journée a été longue et difficile, que l’humeur est maussade et que l’on n’a qu’une envie : rentrer et retrouver son lit.

Je ne souhaite pas rajouter à la stigmatisation de la stigmatisation. Je ne dis pas qu’ailleurs « l’herbe est forcément plus verte ». Si je parle de Paris, c’est parce que j’y vis et que cette ambiance me pèse alors que quelques personnes suffiraient, j’en suis sûre, pour changer la donne. Faire s’étendre l’amabilité telle une traînée de poudre. Un virus bienfaisant. A force de politesse, de portes tenues, de valises portées à quatre mains dans les escaliers, des petits gestes qui ne vous feront pas rater votre métro ni non plus arriver en retard et qui pourtant mettront un peu de gaité dans le quotidien de chacun mais surtout dans le vôtre.

Nous qui avons la chance d’habiter une si belle ville, montrons qu’à l’instar des autres grandes villes, les parisiens sont eux aussi capables de gentillesse :

Rejoignez le mouvement, souriez !

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