7 mauvaises raisons de ne pas voyager seule


7 mauvaises raisons de ne pas voyager seule - slow lifestyle - Miss Blemish

Au mois de juin une journaliste du National Geographic Traveler m’a contactée pour publier dans le numéro de juillet un article écrit au retour de mon tout premier voyage en solo. Pour cette publication j’ai donc repris mon original et l’ai retravaillé pour qu’il puisse rentrer dans l’espace réservé pour lui dans le magazine – dont les pages ne sont pas sans limites – mais aussi pour qu’il colle à ma voix d’aujourd’hui sans rien trahir de mon impression d’origine. Et cet exercice a été très intéressant. Trouver sa voix lorsque l’on écrit et ce quelque soit le support, est le défi que je trouve le plus grand et celui qui m’a demandé le plus de temps et d’essais ici. En reprenant des mots qui dataient d’il y a 3 ans (et presque 4 maintenant), l’avant/après était saisissant. Et l’écriture n’étant pas toujours douce, cela m’a fait sourire de constater l’aisance gagnée à force de persévérance malgré tous les défis qu’il me reste à relever. De constater que si certains articles demandent toujours autant de temps pour trouver leur voie de l’idée au résultat, certaines étapes ne sont plus aussi effrayantes qu’elles l’ont été. Et de me dire tous bas qu’un jour ce sera le cas de ce qui me semble quasi insurmontable aujourd’hui.

Je partage donc ici cette nouvelle version pour que vous puissiez la découvrir si vous n’avez pas pu le faire dans le magazine d’origine et j’espère que, si vous hésitez encore, il pourra relativiser certaines de vos craintes à voyager seul(e). 

7 mauvaises raisons de ne pas voyager seule

Il y a 3 ans, je suis partie 4 jours seule découvrir Amsterdam à la fin de la saison des tulipes. Cette expérience reste encore aujourd’hui l’une des plus joyeuse et enrichissante que j’aie pu faire en voyage. Dans mon entourage proche pourtant, l’annonce de mon départ a suscité autant d’inquiétude que d’admiration. J’ai ainsi pu m’apercevoir que, si beaucoup aimeraient partir seuls, beaucoup ne s’en sentaient pas capables. Alors, dressant la liste des craintes que j’avais avant mon départ et que ce voyage m’a permis de surmonter, j’espère par cet article affaiblir certains des obstacles qui peut-être vous empêchent de sauter le pas et vous convaincre de cliquer sourire aux lèvres sur « réserver » pour votre prochaine aventure.

Voyager seule quand on est une femme c’est dangereux

Avant mon départ, j’ai pris le parti de croire que si un homme pouvait partir seul à un endroit donné et revenir en entier, une femme pouvait également tenter l’aventure. Car, ne le nions pas, voyager seul, homme comme femme, peut s’avérer dangereux selon la destination choisie. Si dangereux que pour certaines régions du monde même accompagnée je ne suis pas sûre que je m’y risquerais davantage. On le conçoit aisément : un homme seul dans un pays en guerre n’y sera pas plus en sécurité qu’une femme et courra les mêmes risques. Alors, de la même manière, une femme seule dans une ville cosmopolite et touristique y sera autant en sécurité qu’un homme. Et si personne n’est à l’abri d’une mauvaise rencontre, cela peut aussi bien arriver en allant chercher le pain un matin qu’en vous baladant pendant un voyage.

Quand on est une femme et que l’on voyage seule, on est certainement un peu plus sur nos gardes et susceptibles de prendre des précautions auxquelles un homme ne songerait pas. Pour ces 4 jours, beaucoup de mes choix logistiques ont été guidés par cette prudence que je me sentais l’obligation d’avoir. Réserver un hôtel plutôt qu’une auberge de jeunesse, préférer un quartier résidentiel pour celui-ci, dîner dans mon quartier le soir pour ne pas avoir à marcher trop longtemps seule dans la rue la nuit…  Pourtant toutes ces précautions ne sont rien à côté de ce que j’aurais manqué si je n’étais pas partie. Et plus encore elles ne m’ont pas limitée ni empêchée de profiter de mon voyage, de rencontrer des gens géniaux ni de goûter des plats délicieux alors que ma peur elle, aurait pu le faire.

Je ne parle pas bien anglais

Parler anglais est – pour bien des destinations – un sacré avantage. Mais pour la langue comme pour le reste, il est une règle universelle : quand on est obligé d’y aller, on y va. Une sorte d’instinct de survie sans silex pour génération 2.0. Si cet obstacle vous semble trop grand pour une première expérience, n’hésitez pas cependant à vous tourner vers une destination francophone. Peut-être rassurés par ce premier voyage seul, la langue ne vous semblera plus un tel obstacle pour votre prochain voyage en solitaire.

Je ne serai pas capable de me repérer

Il paraît que l’on ne découvre vraiment une ville qu’en s’y perdant. Il m’a fallu une heure – et oh combien elle m’a semblée longue – pour réussir à me repérer dans Amsterdam avec mon plan. Si je n’en menais pas large ainsi « perdue », ces boulevards arpentés dans le sens inverse de la direction voulue m’ont pourtant fait croiser des fresques murales, des places ensoleillées, un vélo-girafe et de jolies boutiques. Autant de détails qui m’ont donné l’envie d’aller cueillir tout ce que voyage avait à m’offrir.

J’ai peur de ne pas être capable de me débrouiller seul(e)

S’il y a la barrière de la langue et un environnement nouveau, tout ce que vous faites au quotidien reste similaire en voyage. Faire des courses, manger, se déplacer, se laver, s’habiller… Les gestes qui vous semblent aisés et naturels au quotidien n’auront pas de mal à se transposer ailleurs même si le contexte est différent. Respirez un grand coup et faites-vous confiance : vous vous étonnerez.

Manger seul(e) au restaurant, jamais !

Ceci est une appréhension aussi répandue qu’inexplicable et qu’avant mon départ je partageais également. Peur de s’ennuyer ou d’attirer les regards  sur soi, manger seul(e) au restaurant cristallise beaucoup des a priori négatifs associés à la solitude. Je vous promets pourtant que dès l’instant où vous serez assis(e) à une terrasse sur une place ensoleillée, toutes ces craintes s’envoleront et vous n’aurez plus aucune envie de vous couper de l’instant en vous plongeant dans une autre activité. Observer les gens, la rue joyeuse et le paysage alentour permet de se fondre subrepticement dans les habitudes et le quotidien de ceux dont ces rues font partie de la routine. Chaque activité possède sa propre richesse, en observant comme en communiquant, on apprend, on rit, on grandit. Savourez votre plat et observez.

Jamais je n’oserai aller vers les autres

Vous arrivez à l’aéroport, vous vous dirigez vers le guichet pour acheter votre ticket de bus/train/métro pour rejoindre le centre-ville : Tac, vous parlez avec l’employé des transports en commun.

Vous arrivez à votre hôtel, tendez votre coupon de réservation, on vous donne vos clés de chambre : Tac, vous parlez au maître d’hôtel.

Vous vous asseyez dans un café, vous commandez un thé glacé : Tac vous, parlez à la serveuse.

Vous allez forcément parler avec des gens durant votre séjour et c’est certainement l’une des plus grandes chances des voyages en solitaire. Seul vous êtes en première ligne pour toutes les conversations quotidiennes qui deviennent alors autant d’occasions de rencontres et de peu à peu voir s’atténuer sa timidité.  Après il n’appartient qu’à vous de saisir cette opportunité pour avoir une réelle conversation avec votre interlocuteur ou non.

Je vais m’ennuyer seul(e)

Le curieux ne s’ennuie jamais ! Ouvrez l’œil, furetez, observez. A l’étranger, tout est invitation à la découverte, même les choses les plus banales. Ainsi je commence chacun de mes voyages par l’exploration d’un supermarché pour regarder ce qu’achètent les gens, les packagings, les produits disponibles et les spécialités locales pour les goûter… et j’en profite pour apprendre quelques mots bien utiles dans la langue du pays visité !

Alors, prêts à cliquer sur « réserver » ?

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